19 août 2018

Dimanche en poésie Rainer Maria Rilke " Notes sur la mélodie des choses"

  « Quand deux ou trois personnes s’assemblent, ce n’est pas pour autant qu’elles sont déjà ensemble. Elles sont comme des marionnettes dont les fils sont de différentes mains. Sitôt qu’une main les manipule tous, il leur survient une communauté qui les fait s’incliner ou se sauter dessus. Et les forces de l’être humain, elles aussi, sont là où vont finir ses fils dans une main souveraine qui les tient. »  Ils vous arrivent de lire des livres, des recueils sans savoir si ce que vous allez lire, si les mots qui... [Lire la suite]

16 août 2018

Alice Zeniter "Jusque dans nos bras"

  « Je suis de la génération qui s’appauvrit, je suis de la génération qui paie les retraites, je suis de la génération qui apprend à avoir peur des vieux, je suis de la génération qui perd ses fonctionnaires, je suis de la génération à qui on a brandi le modèle scandinave, je suis de la génération qui a honte de faire des fautes en anglais puisque ce n’est plus une langue étrangère pour personne, je suis de la génération qui passe à droite par désespoir devant le paysage de gauche, je suis de la génération devant qui on... [Lire la suite]
06 août 2018

Claudine Galea - Le corps plein d'un rêve

  « … c’était fini,  Patti ne me quitterai plus, je ne le savais pas et j’allais tout faire pour qu’elle ne me quitte pas, mais je l’avais, greffée dans le cœur sous la peau, la voix de Patti. Lorsque Redondo beach est arrivé, j’ai cru que ça allait être gai, et puis j’ai eu envie de pleurer, quelque chose d’autre encore était passé de Patti à moi et c’est ça que j’allais essayer de virer, elle m’avait fichu la nostalgie et les larmes plutôt que la rage et le cri, voilà pourquoi la fille sans voix, n’est pas devenue... [Lire la suite]
05 août 2018

Marcus Malte Cyrille Derouineau "Mortes saisons"

 « La plage est livrée à elle-même. Les établissements sont vides, dedans, dehors, terrasses désertes, cannisses arrachées. Le sable et les algues envahissent les planches. Quel fléau ? on se demande. Quelle menace, quelle dévastation annoncée a poussé la population à fuir ? Quel danger imminent a pu conduire à pareille exode ? Rien de tout cela. Rien d’autre que l’hiver. La météo. Le calendrier. Une histoire de congés payés. Il en faut si peu, parfois. […] Nul ne se dore au soleil de février sinon peut-être... [Lire la suite]
31 juillet 2018

Pascale Pujol Je vous embrasse

  Paris, à l’ombre des cœurs. Des cœurs qui palpitent, se cherchent, se séduisent, espèrent, se rejettent. Paris, à l’ombre du peut-être ou du jamais, des relations qui se trouvent, languissent, jouent au jeu du chat et de la souris, des illusions et désillusions, des promesses qui ne disent pas, des gestes qui s’attardent, des baisers qui se croisent.   Paris, à l’ombre des jeux d’un amour, d’une histoire qui se signe par ces mots chargés de sentiments, de vœux pieux. « Je vous embrasse ». Des mots rares sur... [Lire la suite]
Posté par sabeli à 06:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
19 juillet 2018

Joël Egloff L'étourdissement

  « Le matin ne ressemble pas à l'idée qu'on se fait du matin. Si on n'a pas l'habitude, on ne le remarque même pas. La différence avec la nuit est subtile il faut avoir l'œil. Juste un ton plus clair. Même les vieux coqs font plus là distinction. Certains jours, l'éclairage public ne s'éteint pas. Le soleil c'est levé, pourtant, forcément, il est là, quelque part au -dessus de l'horizon, derrière les brumes, les fumées, les nuages lourds et les poussières en suspension. Il faut s'imaginer un sale temps par... [Lire la suite]

16 juillet 2018

Mylène Bouchard "L'imparfaite amitié"

« On désir davantage ce qu’on ne possède pas et ce qu’on a perdu. Posséder tue le désir, à moins d’aimer extrêmement fort. Plus fort que tout, repousser toutes les tentations. Résister infatigablement. A tous les autres, tous les hommes, toutes les femmes, à toutes les offres, à tous les autres lièvres qui surgissent des fourrés et bondissent jusqu’à toi. Choisir à nouveau l’être aimé, aussi longtemps que possible, jusqu’au bout de l’histoire. Quand on parvient à choisir, on peut aimer encre, aimer très fort, et résister, et... [Lire la suite]
13 juillet 2018

Camille Benyamina - Véro Cuzot "les petites distances"

  Il y a ces bandes dessinés, ces romans, ces lectures qui vous cueillent vous prennent par la main et vous embarquent dans leurs histoires, leurs écrits, vous propulsent dans une dimension autre que celle dans laquelle vous végétez. Des lectures qui relatent si bien ce monde actuel, une transparence et solitude des êtres, ces personnes attachantes mais qui d’un coup de vent, un coup de rien, un coup ailleurs, disparaissent, deviennent des fantômes, le zapping des relations, la vitesse d'un monde qui bouge..   Comme dans... [Lire la suite]
09 juillet 2018

Etienne Faure - écrits cellulaires

On entre sur la pointe des pieds comme on entre dans une chambre, une cellule, lieu de recueillement ou prison. En silence. Pour ne pas trahir ou bruisser la flamme vacillante, la liberté qui s’écarte. On espère mais l'espérance a vécu au delà de tout, sans effroi et sans remuer.  Le lieu clos pousse à l’introspection, aux souvenirs de jeunesse, à ces courriers et amours laconiques qui datent les années, marquent les âges. Les aïeux en exil se rapprochent des corps, des frontières. Ils couronnent de leur mort, l’honneur des... [Lire la suite]
05 juillet 2018

Christian Demilly Vincent Mahé " Pour toujours "

Certains lectures sont des rendez vous, des rencontres qui s’opèrent sans que l’on sache le pourquoi, sans comprendre ce qu’il vient de s’opérer sauf peut-être que cette lecture a déclenché un quelque chose de doux, tendre, réconciliateur dans ces moments où l’on doute, se questionne, recherche le pourquoi du « pour toujours », du comment « du jamais ». Il y a des lectures dont on aimerait parler, écrire des mots, des lignes et des lettres, des fleuves de pages mais qui par leur justesse, leurs pudiques et... [Lire la suite]