18 octobre 2014

"Petit éloge du sensible" Elisabeth BARILLE

« On peut parcourir le monde à la recherche de la sagesse, rencontrer toutes sortes de sages, suivre toutes sortes de stages, yoga ou méditation, cela ne sert pas à grand-chose tant qu’on n’a pas pris contact avec son guide intérieur. Nous avons tous le nôtre, discret, avisé, infaillible, encore faut-il lui offrir notre confiance, c’est d’ailleurs la seule chose qu’il exige de nous. Cela acquis, il ne nous trompe jamais.Ce guide, c’est le goût.S’en remettre à lui, c’est courir la chance de n’être jamais déçu.Même en... [Lire la suite]

17 octobre 2014

"Un thé pour Yumiko " Fumio OBATA

« Vous voyez combien la vie est éphémère ? Donc profitez-en bien tant que vous pouvez... Il faut savoir faire les bons choix. Parce que la vie a une durée limitée. Nous changeons tout le temps... De même que nos ambitions, nos désirs et nos objectifs... L'important, c'est de trouver quelque chose d'immuable en soi. » Il m’aura fallu deux lectures pour comprendre, cerner les subtilités et les aquarelles de cette bande dessinées. Il m’aura fallu comme un chemin initiatique, une perte d’identité pour entrevoir la... [Lire la suite]
13 octobre 2014

" Des baisers froids comme la lune" Mélanie CHAPPUIS

« Ce soir il prend Mona dans ses bras. Elle rit parce que Vincent lui recouvre le visage de sa grande main. J’aime voir ma fille rire dans ses bras. Je lui dis « on est bien dans les bras de Vincent, n’est ce pas mon amour ? » Vincent me sourit. Il ne m’a jamais prise dans ses bras. Il a compris que j’aimerais bien. »« Je veux avoir le pouvoir de l’abimer un peu. Juste un peu. Pour qu’elle voie ce que ça fait de ne pas tout avoir. Etre celui qui la fait souffrir. C’est mieux que d’être celui qui la... [Lire la suite]
04 octobre 2014

"L'envoleuse " Laure des Accords - Les Pages du samedi soir

Chap 1 - Gisèle ma voleuse, mon envoleuse     La grosse Gisèle porte des robes de coton beige et des chaussures de vieilles femmes. Ses longs cheveux sont retenus par un élastique très serré, ce qui fait que l’on peut suivre, si l’on veut le sillon de ses racines jusqu’au pli de caoutchouc. Son front immense, constamment en sueur, hiver comme été, réfracte la lumière, attire tous les regards. C’est ce front immense qui interroge : que s’y passe-t-il ? Car Gisèle parle peu. En réalité Gisèle ne parle pas, elle... [Lire la suite]
01 octobre 2014

"Un assassin blanc comme neige" Christian BOBIN

Parce qu’ « un assassin blanc comme neige » est arrivé un jour entre mes mains. Parce que Christian Bobin en est l’auteur impénétrable comme Hokuzai est le maitre de la vague, le maitre de l’Art lointain et Matisse le prophète du jaune éclatant, le pharmacien de la peinture. Parce qu’il y a des couleurs et des vies qui chamboulent nos âmes d’un simple souffle, une simple caresse du vent. Parce que « une montagne de découragement s’élève devant moi, je cherche le chemin de contrebandier qui permettra de la... [Lire la suite]
28 septembre 2014

« Les fleurs d’hiver » - Angélique VILLENEUVE

« Il n'a tué ni sauvé personne, son mari, il est encore couvert de boue, de poux, de froid, de  bruit, de colique et de peur. La guerre a creusé et creuse encore en lui. Il est un creux immense, et Jeanne ignore s'il est possible de l'emplir. Si à eux deux ils en seront capables. Elle pense au grand gâchis des hommes. »  On disait que les romans de la Grande Guerre étaient passés de mode, une histoire de plus dans la pile littéraire. On disait tant de choses, on lisait tant de choses. Et puis comme un rappel,... [Lire la suite]

27 septembre 2014

"Yparkho" - Michel Jullien - Le chapitre du samedi soir

Chapite 1 (extrait)   « Un rondin scié dans la longueur, du bois trapu, dégrossi, de la taille d’un obus, plus gros, moins gros selon l’époque des guerres. Du bois limé à l’usure, un demi-cylindre aux sections effritées. D’un côté, la face arrondie du tronçon sans plus d’écorce est creusée par une entaille en V – tellement pratiquée qu’elle commence à devenir un U, la lettre d’avant -, une échancrure brunie par les passages du cambouis dans laquelle circule l’amarre de la barque d’Ilias lorsqu’il la treuille sur la... [Lire la suite]
25 septembre 2014

« La grande guerre, le premier jour de la bataille de la Somme » Joe SACCO – Adam Hochschild

" Ces hommes qui avaient été tenaillés par la fatigue, fouettés par la pluie, bouleversés par toute une nuit de tonnerre[…] entrevoyaient à quel point la guerre, aussi hideuse au moral qu’au physique, non seulement viole le bon sens, avilit les grandes idées, commande tous les crimes mais ils se rappelaient combien elle avait développé en eux et autour d’eux tous les mauvais instincts sans en excepter un seul : la méchanceté jusqu’au sadisme, l’égoïsme jusqu’à la férocité, le besoin de jouir jusqu’à la... [Lire la suite]
20 septembre 2014

" Réparer les vivants " Maylis de Kerangal - Massage littéraire, battements du pouls

    " Ce qu’est le cœur de Simon Limbres, ce cœur humain depuis que sa cadence s’est accéléré à l’instant de la naissance quand d’autres cœurs au-dehors accéléraient de même, saluant l’événement, ce qu’est ce cœur, ce qui l’a fait bondir, vomir, grossir, valser léger comme une plume ou peser comme une pierre, ce qui l’a étourdi, ce qui l’a fait fondre – l’amour ;  ce qu’est le cœur de Simon Limbres, ce qu’il a filtré, enregistré, archivé, boîte noire d’un corps de vingt ans, personne ne le sait au juste,... [Lire la suite]
16 septembre 2014

"Quelques pas de solitude " Pascal DESSAIN

« Un écrivain en arrivera toujours à parler de l’avantage que la solitude lui procure. J’aime être seul jusque dans la foule, oui, seul, parmi les autres, alors que pour beaucoup il s’agirait là de la pire des choses. Dans le flot, la cohue même, rien ne distingue ou presque et je peux devenir très étrange en moi, jusqu’à être libre, si ça me chante, de ne plus me ressembler. Combien de scènes, de personnages, de dialogues ai-je construits, tramés, marchant dans la ville, patientant dans une gare ou un aéroport ! Mes... [Lire la suite]