12 février 2018

Adeline Baldacchino "Celui qui disait non"

« Et j’avais vu Dachau, Bergen-Belsen et Buchenwald, vu Auschwitz et pleuré dans la lumière du crépuscule, quand j’essayais encore de comprendre comment il était encore permis d’écrire de la poésie, comment il fallait justement en écrire parce que prier, non, ce n’était plus possible – qui voulez-vous prier : celui qui ne répondit jamais, quand on le suppliait dans les chambres à gaz ? Et les mésanges de Bernburg, et les pivoines d’Auschwitz, n’étaient-elles pas indécentes ? »  Lui c’est August... [Lire la suite]

09 février 2018

Lettre à Angélique Villeneuve "Maria"

  Chère Angélique Villeneuve,    Je vous écris en écoutant une émission de Kathleen Evin, L’Humeur Vagabonde. Vous connaissez je suppose. Vous allez me dire pourquoi et quel est le lien avec votre roman,  vos mots ? J’aime ce vagabondage, cette ouverture d’esprit et de culture à laquelle nous amène Kathleen Evin. J’aime cette voix mais surtout le chemin qu’elle nous fait prendre, le regard ou l’attention qu’elle dissimule, guide. J'aime ce que vous nous écrivez en filigramne et ce que vous nous amenez à... [Lire la suite]
07 février 2018

Calvin et Hobbes "la flemme du dimanche soir"

  Rien à faire, je suis fan de Calvin et Hobbes. J’aime leur humour, leur tendresse, leurs jeux consistant à faire hurler les parents, pétrifier cette peste de Suzie blanc bec, devenir un héros aux supers pouvoirs intergalactique-soniques anéantissant toute une planète et quelques étoiles avec. J’aime les lire, me fendre la poire, me laisser percuter par deux ou trois blagues digne des plus belles parades de la vie. J’aime leur philosophie, les petits instants qui sont de grands moments, des épisodes qui bâtissent une enfance.... [Lire la suite]
06 février 2018

"La revenue" Donatella Di Pietrantonio

 « J’étais orpheline de deux mères vivantes. L’une m’avait cédée, son lait encore sur ma langue, l’autre m’avait rendue à l’âge de treize ans. J’étais fille de séparations, de liens de parenté faux et tus, de distances. Je ne savais plus de qui j’étais issue. Au fond, je ne le sais toujours pas. »  « La Revenue », celle que l’on a oublié et qui revient dans sa famille d’origine un beau jour. Celle que l’on avait effacée comme on efface à l’éponge le dessin d’un enfant abandonné.  Une gamine, qui... [Lire la suite]
04 février 2018

Fabienne Swiatly "Boire et plus"

  «  A treize ans, je bois ma première bière, une Kronenbourg en bouteille 33 centilitres. Je bois au goulot comme cela se fait chez nous. Les verres, c’est pour les invités. Je n’aime pas particulièrement le goût amer de la bière, mais très vite je prends conscience de l’effet que cela produit dans mon corps. Sur tout dans ma tête. Pour la première fois, je ne m’ennuie pas en famille, j’ai envie de rester avec eux, de parler avec eux. J’entre dans la bulle. Je suis en lien et l’ennui a disparu. Le même soir, mon... [Lire la suite]
01 février 2018

Gaëlle Pingault "Bref, ils ont besoin d'un orthophoniste"

  « Ils parlent de leur petite puce. De son avenir. Ils voudraient le meilleur pour elle. Qu’elle se débrouille. Qu’on la respecte. Qu’elle soit heureuse. Bref. Comme tous les parents. » Il arrive au cours d’une lecture de rencontrer des auteurs qui vous touchent par leur plume, leur écriture, par cette façon de raconter une histoire et de toucher en plein mille, votre sac d’émotions et de bienveillance. Gaelle Pingault en fait partie. Elle appartient à ce que j’appelle les artistes de l’encre, les écrivEines, celles qu’il... [Lire la suite]

31 janvier 2018

Julie Rocheteau - Normand Grégoire " La petite patrie"

  La Petite Patrie est un quartier populaire de Québec des années 40/50, un de ces quartiers où traine encore des gamins qui se chamaillent, jouent aux patins à glace ou roulettes suivant la saison. Un quartier où pour faire sécher le linge, la mère ou les filles de la maison l’étendent sur le fil qui pend aux poulies attachées entre deux piliers, escaliers-échelles qui ornent les coins de rues. Un quartier où on entend encore jurer le charretier vendant ses légumes  à la criée « de la rhubarbe, des oignons, des... [Lire la suite]
28 janvier 2018

Vidal, Bertrand, Parada, Pinel "Les petites marées"

Tout a commencé avec une histoire d’amour, d’un amour impossible à vivre, à dire, à concevoir. Un amour de jeunesse auquel on se raccroche comme on se raccroche à une bouée pour ne pas sombrer, affronter la vie, la mort qui pointe son nez alors que l’on n’est pas préparé, ou du moins  pas complètement. Un amour nos quatorze, quinze ou seize ans qui s’égrène au fil du temps, sur lequel on s’appuie, on espère toujours autant. Un amour comme un ami à qui l’on tient. Un amour comme un été, un automne, un hiver, un printemps qui... [Lire la suite]
25 janvier 2018

Odile D'Oultremont "Les déraisons"

  « Pour la première fois, il se résolut à distinguer radicalement le corps de Louise de celle qu’il aimait. Ne mourrait éventuellement que les cellules, le reste, tout le reste, il s’en fit l’ardue promesse, demeurerait éternellement. Ses fantasqueries, ses bizarettes, son imaginarie, son inventivitelle, ses pensettes créatiques, sa follesse, sa légèretère. Encouragées, entretenues, quoi qu’il en coûte, elles demeureraient, survivantes. Il s’apprêtait à souscrire à un défi d’une redoutable difficulté, il en était... [Lire la suite]
24 janvier 2018

Denné et Ladame "Bleu amer"

  Les Iles Chausey, ilot posé à quelques miles des côtes normandes, des iles un peu perdues, délaissées, un no-man’s land. Des iles qui possèdent leurs propres histoires, leurs propres vécus comme un peu toutes ses iles qui se balancent au gré des vents et du rythme des marées. Un ilot au milieu des courants et de des vies.  1944. La guerre fait rage un peu partout autour. La France est occupée par l’Allemagne nazie. L’Angleterre vit sous le joug des bombardements et des avions qui se déployent dans le ciel normand. La... [Lire la suite]