04 novembre 2018

Hélène Dorion - l'étreinte des vents

  « Nous sommes des êtres de liens. Plus que tout, nous tendons vers ce qui nous relie – à nous-mêmes, à l’autre, au monde et à ce qui nous transcende. Nous avons besoin de nous sentir ainsi liés, et ce sentiment précède celui d’être unis, de participer à cette formidable et vertigineuse aventure qu’est la vie. »  Une île. Une île comme un corps, une âme. Les nôtres. Cet état-territoire dans lequel on se réfugie, repartons à notre conquête. Ce pays, source d’une solitude, de paysages morcelés, sauvages, qu’il nous... [Lire la suite]

02 novembre 2018

Guy Boley - Quand Dieu boxait en amateur

  « Il aimerait pouvoir répondre à l’abbé ce qu’il pense du désir, de l’existence, de la neige, ou même du cognassier qui lui ouvre ses bras, mais il n’a pas les mots. Personne ne les lui a offerts. On l’a placé, à l’âge de quatorze ans, dans un atelier, debout devant une barre de fer, un établi et un étau. Et s’il s’est mis tout seul face à un dictionnaire, c’est pour tenter de s’ouvrir les portes du savoir. Il échouera. Jusqu’à sa mort il le dira et le martèlera : qu’il parvint, certes à réussir dans sa vie des... [Lire la suite]
31 octobre 2018

Sibylline, Capucine et Jérôme d'Aviau - Le Trop Grand Vide d'Alphonse Tabouret

  «  Il était un matin de cette fois-là.Au milieu d’une forêt tendre, dans une clairière de rien, un tout petit machin se réveille mais ne se souvient pas.  Ni de ce qu’il fait là, ni de ce qu’il a dormi, ni de ce dont il a envie. »  Il est tout petit ce machin, il n’est pas grand-chose. D’ailleurs quand on le voit on ne sait pas trop ce qu’il est avec sa grosse bouille ronde et ses bras désarticulés, son corps démembré, ses deux yeux comme deux points sur le visage. On ne sait pas trop ce qu’il fout là,... [Lire la suite]
29 octobre 2018

Delphine Roux - QU Lan [Kokoro]

  «  [onwa, tempéré]  Ma sœur et ma grand-mère se ressemblent. La même cambrure du corps quand elles regardent la mer, le même sourire discret.Grand-Mère se laisse aller au gré des jours que nous passons sans autre projet que de profiter du sable, de l’eau, de la forêt, des jappements du petit chien roux de Mitsu.Tout me semble irréel et ancré à la fois.Je nage au loin, me réchauffe les os, bercé par le cri régulier des mouettes. Le plus souvent je suis silencieux. Parfois je cours dans les vagues avec les petites,... [Lire la suite]
27 octobre 2018

Shinkuhe Yoshitake - La librairie de tous les possibles

  Imaginez que vous poussez la porte d’un magasin shopping comme vous aimez, celui qui ressemble à deux gouttes d’eau à cette librairie qu’en secret vous espérez, vous rêvez ! Imaginez que derrière son comptoir en bois,  un vieux monsieur un brin fou, un brin sorcier, le bon génie, celui qui d’un coup de baguette magique, d’une petite palpitation, vous dégotte l’ouvrage que vous recherchiez depuis moult et moult  années sans jamais avoir la main dessus.Imaginez que dans cette librairie, il est vraiment possible... [Lire la suite]
26 octobre 2018

Emmanuelle Gouasdon " Parfois on se sent petit"

    Parfois on se sent tout petit, minuscule comme très loin des grands arbres qui de leurs ombres devraient au contraire nous apaiser de leur feuillage protecteur. Des fois la vie nous semble si vaste, si loin de nos rêves et de nos possibilités que leurs feuilles deviennent impossible à attraper comme trop hautes et nous si petit, minuscule devant cette immensité. Si petit et si éloigné. Si petit au pied de ce grand arbre aux branches enchevêtrés. Si petit face à la forêt, aux idées qui se fracassent aux troncs,... [Lire la suite]

24 octobre 2018

Bernard Chambaz, Barroux - Lincoln Highway 750

  « CHICAGOJe m’étais habitué à la 30. Je ne sais pas exactement quand je l’ai quittée, mais j’ai traversé des faubourgs pendant une bonne heure avant de me retrouver sur une autoroute à six voies face à la « sky line . Alors j’ai relâché la poignée des gaz pour m’en mettre plein les yeux. »  Alors qu’il s’apprête à courir le marathon de New York, le narrateur de ce récit à l’aventure humaine mélancolique et envoutante, reçoit un SMS : « Au lieu de « Bonne chance », j’ai lu « c’est... [Lire la suite]
23 octobre 2018

Jacques Gamblin et Thomas Coville "Je parle à un homme qui ne tient pas en place"

  « Je ne sais pas ce que je suis moi non plus à ce moment : un ami récent, un ami long, un ami au long cours, un messager des nouvelles de la terre, un miroir sans tain, une ombre sur ton sol, un … Type descendu du ciel qui a violé ta traversée,  qui en sait trop, un … Type que tu n’a pas envie de voir, de voir maintenant, jamais. […]Tu m’as vu, tu m’as reconnu, m’as étreint à mon tour, comme une excuse de ne pouvoir faire autrement. Nous avons étreint nos étreintes, virilement, pour étrangler, étouffer les... [Lire la suite]
19 octobre 2018

Catherine Voyer Léger - Prendre corps

  « FLANCMon corps : un corps creux. Mon dos seul subsiste, surface flottaison. Mon corps : un canot.  L’air comme rabot qui tente d’éliminer une douleur qui persiste ; d’éradiquer l’abandon qui me moisit au flanc. Creuse encore, douleur persistante. Creuse au risque de se fendre. Mon corps est flottant. Pour l’instant. »  Prendre corps, devenir non plus objet mais âme, l’âme du corps qui se présente devant un miroir, reflet de son identité. Prendre corps et constituer la matérialité de... [Lire la suite]
17 octobre 2018

Catherine Meurisse - Les grands espaces

  « Longtemps j’ai rêvé d’avoir, dans mon appartement parisien, une porte spéciale qui s’ouvrirait directement sur les prés. Je l’emprunterais à chaque saison, en un rien de temps, en un coup de crayon, j’irais faire des provisions de paysages, d’odeurs, de silence. Peut être que je m’attarderais un peu. »   Il serait simple de résumer ce roman graphique à un simple retour vers les grands espaces, vers la cellule familiale et la campagne, un retour à la nature et ses valeurs primitives. Il serait simple de... [Lire la suite]