25 juin 2018

Jean François Beauchemin "le jour des corneilles"

  « Nous logions, père et moi, au plus épais de la forêt, dans une cabane de billes érigée ci-devant le grand hêtre. Père avait formé de ses mains cette résidence rustique et tous ses accompagnements. Rien n’y manquait : depuis l’eau de pluie amassée dans la barrique pour nos bouillades et mes plongements, jusqu’à l’âtre pour la rissole du cuissot et l’échauffage de nos membres aux rudes temps des frimasseries. Il y avait aussi nos paillasses, la table, une paire de taboureaux, et puis encore l’alambic de l’officine, où... [Lire la suite]

24 juin 2018

Marion Collé - Etre fil

  Etre fil, jongler sur son équilibre, trouver la prise qui gardera à plat le pied, traversera le vide, enterrera les peurs et craintes. Etre fil et ressentir les vibrations du corps, des mots, du fragile point d’équilibre, grandir, s’aventurer, s’hasarder dans le temps qui se déroule, enfle, s’éternise, se recueille. Etre fil et murmurer, fragile objet que nous sommes, spectacle de notre âme à jamais résorbée. Chercher les mots et les filets, se rattraper dans les sanglots étouffés, le feuillage tapis de sol, les ponts, les... [Lire la suite]
21 juin 2018

L'été jaune carré - Gilles Marchand

  C'était à Châteauroux. On m'a demandé : "tu m'écrirais un petit texte estival pour mon blog ?" Soyons honnêtes, j'avais peu dormi et je ne savais pas si je devais écrire un texte estival (avec, j'imagine, des enfants qui courent au bord de la mer et deux ou trois pâtés de sable) ou un texte à paraître au cours de l'été. Dans le doute, j'ai souri. Il faut toujours sourire, dans le doute. Ou pincer les lèvres. Ou se gratter le menton, prendre l'air inspiré, regarder au loin, reprendre une bière... enfin, dans le doute, il faut... [Lire la suite]
20 juin 2018

Zidrou Aimée de Jongh "L'obsolescence programmée de nos sentiments"

  « Combien de fois ? Combien de fois regarder des conneries l’après-midi à la télé ? Du vide ! Rien que du vide pour remplir ma vie ! Combien de fois aller traîner dans le parc de loisirs de la Glissoire. ? Combien de fois passer devant ce banc ? Ne pas s’arrêter, marcher un pas après l’autre ? Un pas, après l’autre… Combien de fois aller au stade Bollaert voir le R.C. Lens se prendre une raclée ? […] Combien de fois acheter une bouteille de rouge deux tomates et un steak... [Lire la suite]
18 juin 2018

Henri Meunier Aurore Petit " 1 temps"

  « Qui a inventé le temps ? Ce n’est pas toi, ce n’est pas moi ? Qui a inventé le temps de l’homme ou du papillon ? »   Le temps d’ouvrir un livre et de plonger dans cet instant où ce même temps suspend son vol, où le caillou chute dans l’eau, la main encore ouverte au-dessus de l’onde et de ses ronds. Qui de l’homme ou du temps a inventé la mesure des battements des secondes, des minutes, des heures ou d’une vie ? Un souffle, un paysage ou rien n’est né, ou rien n’est. Un temps et quelques... [Lire la suite]
15 juin 2018

Christian Chavassieux "lettre ouverte à l'autre que j'étais"

  « Tu ne reconnais pas en moi l’adulte que tu es devenu, pas plus que je ne reconnais en toi l’enfant que j’étais. Nous somme tellement différents, c’est à ne pas croire, deux individus qui n’auraient pas la même  histoire. Et pourtant il fallait bien qu’on converge un moment pour fusionner en moi, qui te parle. »   Les correspondances ou lettres à… ont toujours eu sur moi ce goût particulier de miroir, de ce petit quelque chose qui touche irrémédiablement le cœur, la mise à nu, le derme et l’épiderme,... [Lire la suite]

13 juin 2018

Fabcaro "Moins qu'hier (plus que demain)"

  «  A partir de combien de minutes passe-t-on de « silence complice » à « on n’a rien à foutre ensemble » ». Aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain…. Quoique… Peut-être que finalement « moins qu’hier (plus que demain) » serait plus judicieux dans la bouche dessin d’un Fabcaro qui a décidé de prendre à contrepied les poncifs du couple, les petites touches d’un quotidien ou d’une première rencontre. Quand le fameux Fabcaro s’empare de ce réaliste criant de vérité, il en faut... [Lire la suite]
10 juin 2018

Christian Bobin "Le plâtrier siffleur"

  « Je pense que le monde est aujourd’hui plus carnassier. […] Je vois par moments comme une disparition de l’humain dans les visages. Je vois sur les chairs, sur les traits quelque chose qui passe, qui a moins de lumière. Je pense qu’on a fait du mal à la vie. […] la nature, la vérité, la beauté, la douceur, la lenteur qui ont été mises à mal ont juste reculé et deviennent un peu plus difficiles à saisir, à vivre. Trop de mal a été fait, mais ce n’est pas irréversible. […] On reviendra aux choses vivantes et vraies. Mais... [Lire la suite]
07 juin 2018

Stéphanie Chaillou "Le bruit du monde"

  « Marilène se souvient de la force qu’elle a mise à exister. La force qu’elle a déployée pour simplement accomplir cette chose-là, à l’époque, exister. Une force sombre et animale. Une force obscure qui pouvait tout balayer. Parce qu’il y avait quelque part en elle, elle ne savait pas où, une envie brute d’exister. C’était le mot. Exister. Un désir fou de s’affirmer. D’être là avec les autres. De ne pas être effacée. De participer. D’être là. De vraiment compter. »  Il y a des livres qui vous explosent au... [Lire la suite]
06 juin 2018

Michel Rabagliati "Paul à Montréal"

Pour célébrer les 375 printemps de la cité québécoise Montréal, La Pastèque a décidé de demander à son plus célèbre dessinateur de croquer l’histoire de la ville. Et quand Michel Rabagliati s’empare de ses crayons, c’est pour laisser la parole à Paul, mon grand amour québécois.   Parce que mon Paul, c’est correct !Mon Paul et sa Blonde. Mon Paul, mon choum !Et c’est juste charmant comme idée, juste comme il faut, juste la plus belle et douce, tendre et facétieuse idée que pouvait avoir La Pastèque.Pensez donc, Mon... [Lire la suite]