12 avril 2018

Anne Collongues "Le gant

  « Elle déballe agenouillée ses affaires tandis que les gens se dirigent vers on ne sait où d’un pas qui semble fuir quelque chose qui les talonne. On ne lui prête pas attention. Elle préférerait perdre sa carte d’identité, ses clés, son passeport, sa carte de crédit, tout ce qui se copie l’identique en quelques formalités pénibles, plutôt que ça. L’inventaire est presque terminé, tout est étalé par terre, mouillé – tant pis – elle retourne la besace vide : barrettes, médicaments, poussières et stylos en tombent,... [Lire la suite]

11 avril 2018

Abraham Martinez " Ploutocratie, chronique d'un monopole global"

  « Personne ne sait précisément à quel moment tout a commencé. La plus grande erreur a été de ne pas accorder d’importance à la croissance démesurée des entreprises dès la fin du XXème siècle. Quand elles semblaient ne plus pouvoir se développer, elles fusionnaient, donnant naissance à d’immenses sociétés qui fusionnaient entre elles à leur tour. Mais personne n’a pu voir où nous conduirait cette tendance  si elle se poursuivait ainsi. »   2051. La Compagnie, regroupement de la fusion de la General... [Lire la suite]
09 avril 2018

Fabienne Juhel "La femme murée"

« A contre-jour, la bâtisse a plutôt l’allure d’un château médiéval, mais, avec sa façade toute couturée c’est bien autre chose. Une termitière, une tanière, un bunker. Cela dépend de l’ngle sous laquelle la maison apparait au promeneur. S’il l’aborde de front ou de côté. De la course du soleil. Des saisons et de la vitesse des nuages. Cela dépendra aussi de sa sensibilité, cartésien, esthète, pragmatique ou bien poète ? »  Elle s’appelait Jeanne. Jeanne Devidal. Mais tout le monde dans le village la surnommait... [Lire la suite]
05 avril 2018

Arnaud Dudek "Tant bien que mal"

  « Je lui dois le petit peuple de mes cauchemars. Je lui dois une myriade de troubles obsessionnels. Je lui dois mon inaptitude chronique à la décision. Je lui dois des litres de sueur. Je lui dois des idées noires et quelques crises de nerfs. » D’Arnaud Dudek, j’ai quasi tout lu, non parce que je suis fan, mais parce que tout simplement Arnaud est mon bon génie, mon antihéros, cet être qui donne envie d’embrasser la vie, le monde, son voisin, sa voisine. Cet homme qui d’un coup de pirouette, vous donne la grâce, le... [Lire la suite]
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04 avril 2018

Matz et Chemineau "Le travailleur de la nuit"

«  – Vous vous êtes donc fait voleur. Pendant trois ans, vous avez écumé la France avec votre bande. Avec votre compagne illégitime, et même avec votre mère, qui se retrouvent accusées comme vous, ici, aujourd’hui ! Vous avez commis plus de 150 cambriolages !– Je préfère le terme de reprise individuelle.– Vous jouez sur les mots.– Pas du tout. Je ne volais que les parasites et je ne volais pas pour mon propre compte. Mon but n’était pas de devenir moi-même un parasite.– Mais au bout du compte, vous voliez.– Je voyais plutôt... [Lire la suite]
03 avril 2018

PolaroïdS - " L'écorce abolie "

Se rendormir. Tâche impossible. Le corps cherche une position agréable, ne la trouve pas. L’esprit en profite pour se sauver. Il part loin de la chambre et de la chaleur du lit, s’évade dans la nuit, reprend le fil de la journée, y fait des accrocs. C’est insupportable. Comme le déclenchement d’un signal intérieur auquel je ne peux rien changer. Toujours quelque chose m’échappe. Je finis par me lever.  Au gré des nuits, la fatigue m’attendrit. Une part de moi cède. Comme lorsque les parents, las des assauts répétés de leur... [Lire la suite]

01 avril 2018

Dimanche en photos " Le simulacre du printemps " I. Thobois et F. Lecloux

  « Les fantômes sont sans larmes. Certaines mères également. Si tu peux me photographier ? Allons bon ! Mais je te dois bien ça. Quoi qu’il en soit la pellicule ne m’imprimera certainement pas. La fixation de l’image – tu devrais le savoir – dépend de la vitesse à laquelle la vie s’est déchargée de nous qui est proportionnelle à la dose d’amour reçue tout au long de l’existence, qui est encore relative à la qualité humaine de la personne qui nous l’a prodiguée. »  Un homme, à l’orée de la... [Lire la suite]
30 mars 2018

Laurine Roux "Une immense sensation de calme"

  « A présent, il faut que je raconte comment igor est entré dans ma vie. C'est la fin de la saison froide, j'avais passé l'hiver dans la maison des frères Illiakov.Un matin, un homme arrive près du lac où je ramasse les nasses. C’est lui. A une centaine de pas de moi, il s’immobilise. Un oiseau aux ailes larges traverse le ciel, Igor sourit. Mille ans de solitude et de détermination frémissent à ses lèvres. Il se tient au bas de la falaise et regarde là où les hommes ne peuvent aller. Je le vois se plaquer à la paroi. Sa main... [Lire la suite]
28 mars 2018

Laurent Bonneau "On sème la folie"

  « S’amuser, se sentir compétent, aimer en se sentant aimé… Un besoin autant qu’un exercice tout ça ! Entretenir chacun un système stable pour semer l’image d’une continuité. Après tout, une relation remplit aussi ce rôle. Nous promenons notre humeur. La joie, la colère, nous les ressentons, mais nous les donnons aussi, comme une contagion. Un va-et-vient qui tire sur le cordon de cette stabilité. Mais est-ce que seul, vraiment tout seul, nous pouvons dire qui nous sommes ? »  Ils sont 5 potes, 5... [Lire la suite]
24 mars 2018

Frédérique Germanaud " INTERIEUR. NUIT"

Recevoir une enveloppe. Lire mon adresse et au dos, l’adresse de l’expéditrice. Sourire. Sourire parce que sentir le beau arriver. Ouvrir l’enveloppe sans savoir de quoi il s’agit, ni de ce qu'elle peut receler. Découvrir un recueil, « INTERIEUR. NUIT ». Un écrin blanc, beige, grammage épais, texture épaisse et douce au touché. Un nom Frédérique Germanaud. Une maison d’édition Le Phare du Cousseix. Savoir que le beau ressenti ne peut être que beau promis. Prendre le temps de toucher le papier, le carnet cousu, retenu. Seul... [Lire la suite]