15 décembre 2014

Nicolás Muller : traces d'un exil

" La photographie est la seule expression qui est l'oeuvre d'une fraction de seconde. Le peintre, le sculpteur ou l'architecte mettent longtemps à accoucher de leur création,  alors que le photographe doit saisir l'instant qui s'évanouira à jamais,  le fixer et exprimer sa pensée dans l'image captée. Du moins c'est mon idée de la photographie" Nicolás Muller   En ce moment se tient au Château de Tours une exposition du Jeu de Paume sur un photographe hongrois Nicolás Muller (Orosháza, Hongrie, 1913-Andrín,... [Lire la suite]

09 décembre 2014

"Le livre qui console" Marie SALOME et Joann SFAR

«  Le soir, je profite de la triste lumière de la lune pour me mettre à pleurer. Il suffit qu’une seule larme coule pour qu’elle entraine à la suite ses petites copines humides. Je suis submergée par l’impression de m’être fait plaquer. Les larmes inondent mes draps. Une vague de honte m’emplit, je ne fais pas honneur aux cyprès »  Vous ne savez pas pourquoi mais il y a des fois où vous vous arrêtez devant un livre sans vraiment savoir quels en sont les mots. Vous vous arrêtez devant juste comme cela et votre main le... [Lire la suite]
27 novembre 2014

"Un océan d'amour" LUPANO et PANACIONE

Le brave Islandais, sans murmure,Jette la ligne et le harpon ;Puis, dans un relent de saumure,Il se couche dans l'entrepont...Et le pauvre gâsSoupire tout bas :"Je serions ben mieux à mon aise,"Devant un joli feu d'ajonc,"À côté de la Paimpolaise"Qui m'attend au pays breton."   Merveille absolue que ce livre aux douceurs océanes, bretonnes, aux grands larges, ses saveurs et aux techniques bienveillantes et magnifiques de deux grands pêcheurs du 8ème art. Deux grands et doux rêveurs, drôles et poètes, des gars qui font d’un... [Lire la suite]
22 novembre 2014

Zebraska - Isabelle BARY

« J’aurai voulu être une femme qui ne s’emmerde pas avec tout ça. Une femme qui sait. Et qui ne se laisse pas assaillir par les petits chagrins. Une sorte de mère Pocahontas, rusée et joyeuse qui sauve sa tribu du monde entier. J’aurai voulu partir, loin, chercher dans la nuit du désert comme Laurence d’Arabie, le héros de mon dernier dessin. Etre un bourlingueur, me mêler aux indigènes avec un turban sur la tête et boire du thé brûlant et très sucré. Avaient-ils des enfants ces deux là ? Non, bien sûr. Alors, ils ne... [Lire la suite]
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02 novembre 2014

Les Insoumises - Celia LEVI

«  San…, le 06 octobre Ma chère Louise, […] Toutes ces années, j’ai relu tes lettres, et je t’ai enfin comprise. J’ai revécu tes mésaventures, toutes ces révoltes avortées, tous ces espoirs qui n’étaient que du vent, un miroir aux alouettes, le piège tendu par la réaction et le conformiste à une âme juvénile et emportée. Je t’ai vue seule et forte, et je me suis vue moi aussi avec toi. J’étais trop égocentrique pour te comprendre, ce n’est que trop tard que je t’ai lue comme un livre. Toi aussi tu étais une idéaliste, une... [Lire la suite]
04 octobre 2014

"L'envoleuse " Laure des Accords - Les Pages du samedi soir

Chap 1 - Gisèle ma voleuse, mon envoleuse     La grosse Gisèle porte des robes de coton beige et des chaussures de vieilles femmes. Ses longs cheveux sont retenus par un élastique très serré, ce qui fait que l’on peut suivre, si l’on veut le sillon de ses racines jusqu’au pli de caoutchouc. Son front immense, constamment en sueur, hiver comme été, réfracte la lumière, attire tous les regards. C’est ce front immense qui interroge : que s’y passe-t-il ? Car Gisèle parle peu. En réalité Gisèle ne parle pas, elle... [Lire la suite]

25 septembre 2014

« La grande guerre, le premier jour de la bataille de la Somme » Joe SACCO – Adam Hochschild

" Ces hommes qui avaient été tenaillés par la fatigue, fouettés par la pluie, bouleversés par toute une nuit de tonnerre[…] entrevoyaient à quel point la guerre, aussi hideuse au moral qu’au physique, non seulement viole le bon sens, avilit les grandes idées, commande tous les crimes mais ils se rappelaient combien elle avait développé en eux et autour d’eux tous les mauvais instincts sans en excepter un seul : la méchanceté jusqu’au sadisme, l’égoïsme jusqu’à la férocité, le besoin de jouir jusqu’à la... [Lire la suite]
20 septembre 2014

" Réparer les vivants " Maylis de Kerangal - Massage littéraire, battements du pouls

    " Ce qu’est le cœur de Simon Limbres, ce cœur humain depuis que sa cadence s’est accéléré à l’instant de la naissance quand d’autres cœurs au-dehors accéléraient de même, saluant l’événement, ce qu’est ce cœur, ce qui l’a fait bondir, vomir, grossir, valser léger comme une plume ou peser comme une pierre, ce qui l’a étourdi, ce qui l’a fait fondre – l’amour ;  ce qu’est le cœur de Simon Limbres, ce qu’il a filtré, enregistré, archivé, boîte noire d’un corps de vingt ans, personne ne le sait au juste,... [Lire la suite]
16 septembre 2014

"Quelques pas de solitude " Pascal DESSAIN

« Un écrivain en arrivera toujours à parler de l’avantage que la solitude lui procure. J’aime être seul jusque dans la foule, oui, seul, parmi les autres, alors que pour beaucoup il s’agirait là de la pire des choses. Dans le flot, la cohue même, rien ne distingue ou presque et je peux devenir très étrange en moi, jusqu’à être libre, si ça me chante, de ne plus me ressembler. Combien de scènes, de personnages, de dialogues ai-je construits, tramés, marchant dans la ville, patientant dans une gare ou un aéroport ! Mes... [Lire la suite]
30 août 2014

"Une vie à soi" Laurence TARDIEU

« Ce qui l’obsédait : faire tomber les masques, saisir ce que chacun est de l’autre côté du rideau des apparences. Elle cherchait l’autre. Elle disait de son appareil photo qu’il était son passeport. Celui qui lui permettait de franchir les frontières, d’aller vers ceux qu’elle voulait connaître, connaître intimement : ceux dont elle voulait atteindre la vie intérieure. […]Elle photographiait et moi, assise sur mon canapé noir, je regarde ses photos, je regarde ces visages et ces corps. Chaque visage, ou presque, fixe... [Lire la suite]