10 septembre 2018

Julie Estève - Simple

  « Antoine Orisni est mort et le soleil n’y peut rien. Sous le cagnard, les herbes des jardins, les bougainvilliers, les feuilles des citronniers : tous les bossus. C’est pareil avec  les corps. » Il est toujours délicat de parler d’un roman que tout le monde plébiscite, hurle au génie de la rentrée littéraire, quasi à la belle et grande surprise de l’année. Il n’est jamais facile d’en parler lorsqu’on a lu les chroniques de Nicole, Nicolas, Moka, Alexandra, Joëlle, Charlotte, Amélie Amandine, et tant... [Lire la suite]

03 septembre 2018

Nathalie Yot - Le nord du monde

  « Le Nord vraiment. L’élan devient quête. Avec des bris de verre dans les yeux. Foncer. Il n’y a que ça. Eblouie par ma fuite, je souris. Je n’arrête pas de sourire, je sais que je vais grandir, me lever, décoller. Je suis sur ma base de lancement. Un point de départ comme on dit. Et les départs, faut pas les rater. Pas rater, pas rater, pas rater. Je suis tendue, droite, saisie comme un steak. Avec le sang. Le sang carburant. Non je ne vacillerai pas. Je souris à mon ventre caressé par le chaud du café et l’éclatement... [Lire la suite]
21 juillet 2018

L'été jaune carré Anne-Sophie Monglon "Le sud remonte en moi comme une mer"

  Au commencement, il y a les odeurs sur lesquelles les yeux se ferment comme ceux des poupées quand on les couche. C’est surtout à la tombée du soir, lorsque la chaleur brusquement baisse, qu’elles vous prennent, en vous entrant profond dans le ventre. Le pin, rauque et sucré, la lavande égrenée puis frottée de la pulpe des doigts, et même le mimosa, entêtant comme un parfum de femme endimanchée.Après, il y a le vent. Il faut faire avec, on n’a pas le choix, il est toujours là, qui remue la terre comme une mauvaise pensée.... [Lire la suite]
14 juillet 2018

L'été jaune carré Amélie Muller

  Nous n'étions que trois à la station. Il faisait déjà si chaud. Quand le tram est arrivé, je suis montée seule. Les autres sont restés sur le quai. L'espace d'un instant, je les ai enviés. La possibilité de l'immobilité. Rester là, arrêter le déroulement mécanique des habitudes. Les portes de la rame se sont fermées, j'étais de nouveau en mouvement, en route, encore une fois.L'air étouffant à l’intérieur… il fallait descendre. À la station suivante, j'ai repris mon souffle sur le quai.  Impression plaisante de faire... [Lire la suite]
07 juillet 2018

L'été jaune carré Loulou Robert et ...

          J’ai rencontré Loulou Robert lors de la deuxième édition des 68 premières fois. Pour être sincère, on ne peut pas dire que je sois tombée en émoi devant Bianca, mais j’ai aimé le personnage, et encore plus maintenant. J’ai aimé l'auteure, la personne, cette personnalité sensible et à la fois forte, cette femme qui donne sans chercher à prendre, qui offre sans chercher à compter, cette femme qui d’un sourire, nous amène à penser que le monde est bon, généreux, simple et surtout... [Lire la suite]
03 juillet 2018

Un été jaune carré Julie Moulin "Variation autour de kafka"

  Il était tard lorsque K. arriva. Le trajet de gare de Lyon à Montrouge aurait dû prendre une trentaine de minutes, trois quarts d’heure tout au plus, il avait duré le temps d’une vie. K. avait souri lorsqu’une femme lui avait pris des mains sa valise pour la hisser dans le coffre de son taxi. Voilà qu’une femme allait le conduire. Il aurait pu flirter, il a préféré sourire puis se taire, s’engouffrer dans le silence distant de l’homme d’affaires affairé à dérouler le fil de ses messages sur son Smartphone. Mais elle voulait... [Lire la suite]

21 juin 2018

L'été jaune carré - Gilles Marchand

  C'était à Châteauroux. On m'a demandé : "tu m'écrirais un petit texte estival pour mon blog ?" Soyons honnêtes, j'avais peu dormi et je ne savais pas si je devais écrire un texte estival (avec, j'imagine, des enfants qui courent au bord de la mer et deux ou trois pâtés de sable) ou un texte à paraître au cours de l'été. Dans le doute, j'ai souri. Il faut toujours sourire, dans le doute. Ou pincer les lèvres. Ou se gratter le menton, prendre l'air inspiré, regarder au loin, reprendre une bière... enfin, dans le doute, il faut... [Lire la suite]
07 mai 2018

Gabrielle Tuloup " La nuit introuvable"

  « Depuis quelques temps la vie est parfois un peu floue. J’ai du mal à distinguer hier d’avant-hier, et les mots qui ont une consonance proche prennent un malin plaisir à jouer à cache-cache les uns derrière les autres. Evidemment il y a des ruses, noter l’heure des rendez-vous, ne pas oublier sa liste de courses, trouver un synonyme quand le mot juste file dans un recoin du cerveau. On peut toujours réussir – pour un temps du moins – à garder haute cette tête qu’on finira par perdre tout à fait. On peut s’arranger, comme je... [Lire la suite]
23 avril 2018

Guillaume Para "Ta vie ou la mienne"

« La colère rend prisonnier, c'est la pire des cages. »  Hamed est un jeune issu des banlieues comme on aime le dire : un pédigrée typé 9-3 qui du jour au lendemain part vivre à chez son oncle et sa tante à Saint Cloud, commune on ne peut plus huppée de l’Ouest Parisien. Le choc total et la possibilité de pouvoir devenir quelqu’un de bien, de ne plus être assimilé à ces jeunes casseurs, la misère, la drogue, la violence qui sonnent au porte. Un avenir qui le sort de l’école de la débrouille, de la rue, du foot... [Lire la suite]
20 avril 2018

Maëlle Guillaud "Une famille très française"

  « J’ai fait d’eux une famille idéale dans laquelle je pouvais me lover, je les voyais comme ils aiment se présenter, ou comme j’avais envie qu’ils soient, une famille très française qui malgré moi m’ensorcelait. » Les romans parlant de l'amitié ne sont jamais une source facile à écrire. Trop de pathos, d'amour ou de rejet, de résilience à rechercher. Et pourtant avec Maëlle Guillaud il y a encore une autre source, un autre domaine à lire. Tout commence un premier jour de classe où Charlotte, jeune adolescente,... [Lire la suite]