18 février 2019

Bénédicte Belpois - Suiza

  «  J’ai été secoué d’un grand frisson : j’ai admis, là, assis sur mon tabouret en plastique qui menaçait de s’effondrer sous mon poids, pétant de chaud dans ma veste de cuir que je n’avais pas enlevée, que, s’il fallait choisir entre la femme et la terre, je choisirais la femme, que la solitude ne me serait plus jamais possible, même dans la mort. Ça m’a rendu sombre tout à coup, cette dépendance que je me découvrais. Je m’étais endormi nécessiteux, je me réveillais toxico. » Elle, c’est Suiza,  la... [Lire la suite]

15 février 2019

Marianne Maury Kaufmann - Varovie - Les Lilas

  Il y a une certaine émotion, sensibilité à lire Varsovie – Les Lilas, à se laisser porter par les mots de Marianne Maury Kaufmann et son personnage principal, Francine, 80 ans. Un prénom comme une vieillerie, une faucille d’un temps passé, fauchée, naufragée. Un prénom comme on aurait pu en donner cent autres, des centaines, des milliers comme elle, comme Francine qui on le comprend très vite, à passer sa vie à fuir, fuir son enfance, fuir son pays, fuir les confins d’une Pologne occupée et un Paris déshumanisé. Francine et... [Lire la suite]
31 janvier 2019

Constance Joly - le matin est un tigre

  « A quoi peut bien servir la beauté ? […] A rien. […]La beauté ne sert à rien, et pourtant elle console de quelque chose qu’on ne sait pas nommer. (..] Pour faire beau. Pour donner de la joie au regard. »  Il est toujours difficile d’écrire sur un roman dont on a extrêmement aimé l’écriture, l’histoire, la transmission, ce que nous sommes, la poésie qui s’en dégage, les émotions qui se sont posées au pied de notre cœur, du plexus solaire, celui qui ouvre la cage thoracique en deux et fait entrer l’air.... [Lire la suite]
18 janvier 2019

Haym Zaytoum - Vigile

  « La mort est comme un diable qui susurre à l’oreille que c’est déjà trop tard, que tu m’as quittée désormais, que je ne vais pas y arriver désormais, que je ne vais pas y arriver. Je lui fais face avec mon corps qui tremble à n’en plus pouvoir, avec ces gestes que j’ai appris comme une prière à laquelle s’accrocher.[…]Je suis une machine à oxygène. Le temps ne compte plus.».    Dans la nuit noire, absolue, silencieuse, la violence éclate. Un déchirement intime comme un drap qui se découpe en deux d’un seul... [Lire la suite]
06 janvier 2019

Joseph Ponthus - A la ligne

 « En entrant à l’usineBien sûr j’imaginaisL’odeurLe froidLe transport de charges lourdesLa pénibilitéLes conditions de travailLa chaîneL’esclavage moderne  Je n’y allais pas pour faire un reportageEncore moins préparer la révolutionNonL’usine c’est pour les sousUn boulot alimentaireComme on dit »   Comment parler d’un roman qui m’a laissé un goût de beauté noire, de révolte et à la fois un sourire, un humour, une infinie tendresse et poésie. Une vie à la traine, d’une vie à la marge de la société, à la marge de... [Lire la suite]