16 juin 2017

" L'enfant qui " Jeanne Benameur

  « Dans ta tête d’enfant, il y a de brusques ciels clairs arrachés à une peine lente, basse, impénétrable. Ta mère a disparu. Elle avait beau ne jamais être complétement là, c’est à son odeur, à sa chaleur, à ses mains silencieuses que tu prenais appui pour sentir que tu existais vraiment. » Il y a des auteurs où quoi qu’il  se passe, est écrit, nous savons que nous serons emportés. Quelque soit notre lecture, les mots nous toucherons, seront des couvertures ou au contraire des uppercuts. Jeanne Benameur est... [Lire la suite]

14 mai 2017

Dimanche en poésie "De sang et de lumière " Laurent Gaudé

  Comment vous parler de ce recueil quand les mots de Laurent Gaudé sont un engagement poignant sur notre humanité. Un message ardent, sans masque, sans fard, sur notre histoire, celle de l’homme, des hommes face aux autres, celles des opprimés face aux oppresseurs. Un recueil comme une claque, comme une cicatrice sur notre monde. A Comment vous parler de l’exode, de l’exil, des refugiés de La Grande Syrthe, des Kurdes perdus dans les montagnes enneigés, de ceux qui ont péri dans les eaux profondes de la Méditerranée, de ceux... [Lire la suite]
05 mai 2017

" Chez nous " Carson Ellis

  «  Chez nous, c’est une maison de campagne. […] »«   Et chez vous, c’est où ? »  Dans cet album voyage que nous propose Carson Ellis, on part explorer les maisons comme on part au bout du monde rencontrer ces habitants, les âmes qui y habitent, les détails que l’on ne remarque jamais.On s’étonne d’une maison perdue au milieu des herbes hautes, chaumière au toit rouge et aux fenêtres ouvragées. Ailleurs on observe l’architecture d’un appartement, les mille et un points qui ornent ses murs... [Lire la suite]
23 juin 2016

"Ce qui nous sépare" Anne Collongues

« Ce qui n’est pas dit n’est pas pour autant effacé. La vérité dissimulée pèse double, comme des vêtements mouillés. »   C’est l’histoire de ceux que je croise tous les jours, ceux que je vois, mémorise, regarde, imagine. C’est l’histoire de tout ce qui nous sépare et finalement de tout ce qui nous rapproche, tout ce qui est nous, eux, vous, toi, moi. C’est notre histoire, celle des matins chagrins, ensoleillés, farceurs, des soirs fatigués, rieurs, saugrenus. C’est l’histoire de ceux que l’on oublie de regarder... [Lire la suite]
01 juin 2016

" De nos frères blessés " Joseph Andras

  « Fernand lui avait toujours dit qu’il condamnait, aussi bien moralement que politiquement, la violence aveugle, celle qui frappe les têtes et les ventres au hasard, corps déchiquetés aux aléas, coups de dés, la sordide loterie quelque part dans une rue, un café ou un autobus. S’il défendait les indépendantistes algériens, il n’approuvait pas certaines de leurs méthodes : on ne combat pas la barbarie en la singeant, on ne répond pas au sang par son semblable. »  Ce roman…  Difficile de vous en... [Lire la suite]
29 mars 2016

" Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants " Mathias Enard

  « Je ne cherche pas l’amour. Je cherche la consolation. Le réconfort pour tous ces pays que nous perdons depuis le ventre de nos mères et que nous remplaçons par des histoires, comme des enfants avides, les yeux grands ouverts face au conteur »   Je me pose une question : certains livres nécessitent-ils une énième chronique lorsque tout a été dit sur eux, sur lui ? Comment en parler lorsque la beauté des mots, l’envoutement que procure la lecture, effacent tous les phrases que l’on pourrait écrire... [Lire la suite]

26 mars 2016

Saturday read Fever

«  La nuit ne communique pas avec le jour Elle y brûle. On la porte au bûcher à l’aube. Et avec elle ses gens, les buveurs, les poètes, les amants. Nous sommes un peuple de relégués, de condamnés à mort. Je ne te connais pas. Je connais ton ami turc ; c’est l’un des nôtres. Petit à petit il disparaît du monde, avalé par l’ombre et ses mirages ; nous sommes frères. Je ne sais quelle douleur ou quel plaisir l’a poussé vers nous, vers la poudre d’étoile, peut-être l’opium, peut-être le vin, peut-être l’amour ;... [Lire la suite]
11 décembre 2015

"Otage intime " Jeanne Benameur

  « L’homme qu’est son fils aujourd’hui a touché la la mort au fond de lui. Maintenant elle peut laisser tomber tous les masques qu’elle a portés pour rassurer. Il connait la seule vérité : le pouvoir des mères est dérisoire devant la mort. C’est le temps du pas hésitant. Le seul vrai. Celui d’un être humain vers un autre. Pourtant c’est bien la mère et c’est bien le fils. Dans ce pas hésitant il y a une défaite et un soulagement. Irène pense Enfin. Elle avance à découvert. Sous tous les gestes de mère il y a un... [Lire la suite]
07 novembre 2015

"La tournée d'automne " Jacques Poulin

  «  J’ai pris le p’tit bonheur L’ai mis sous mes haillons J’ai dit: " Faut pas qu’il meure, Viens-t’en dans ma maison". Alors le p’tit bonheur A fait sa guérison Sur le bord de mon cœur Y avait une chanson. Mes jours, mes nuits, mes peines, mes deuils, mon mal, tout fut oublié; Ma vie de désœuvré, j’avais dégoût d’la r’commencer, Quand il pleuvait dehors ou qu’mes amis m’faisaient des peines, J’prenais mon p’tit bonheur et j’lui disais: "C’est toi ma reine". » (Félix Leclerc - Le petit bonheur)  J’aimerai... [Lire la suite]
24 octobre 2014

"Notre besoin de consolation est impossible à rassasier" Stig DAGERMAN

« Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, par un homme qui risque de craindre que sa vie ne soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux. Je n’ai reçu en héritage ni dieu, ni point fixe sur la terre d’où je puisse attirer l’attention d’un dieu : on ne m’a pas non plus légué la fureur d’un bien déguisé du sceptique, les ruses de Sioux du rationaliste ou la candeur ardente de l’athée. Je n’ose donc jeter la pierre ni à celle qui croit en des choses qui ne m’inspirent que le doute,... [Lire la suite]