21 septembre 2016

"Je suis mort un soir d'été " Silvia Härri

    « J’approche la chaise de ton lit, je te murmure que tu as bonne mine, même si ce n’est pas vrai. Tu m’écoutes l’air sérieux, je ne sais toujours pas ce que tu saisis des mots que j’égrène, s’ils ont la mélodie d’une cantilène, la stridence d’une corde brisée, s’ils ont un ordre, s’ils possèdent encore quelques résidus de sens, s’ils bruissent comme un feuillage de printemps ou frappent avec violence aux carreaux de ton esprit, si tu peux sentir à travers eux ma colère ou ma gêne, s’ils se heurtent au vide dans... [Lire la suite]

24 août 2016

" Cette chambre à soi" fragment de Silvia Härri

On écrit pour ne pas s’égarer. Cela sert avant tout à cela, les mots, à se dé-perdre. Des balises, des bouées, des points de repères, des pierres d’achoppement auxquelles je m’agrippe de toutes mes forces. Oui, j’écris pour ne pas m’égarer dans la jungle du monde ou dans celle de mon propre tumulte, je débroussaille les forêts à la hache du langage, je marche dans les sillons des phrases, j’explore la page en y disposant mes pattes de mouche pour ne pas être happée par le chaos. C’est ce que j’ai toujours cru. C’est ma façon propre de... [Lire la suite]