05 juin 2017

"Chevaux de guerre" Albane Gellé et Alexandra Duprez

« Où ? vont nos chevaux, leurs souffles chauds, leurs jambes sûres. Où ? partent  leurs façons dignes, leurs courbes claires, leur élégance, et cette entière fidélité à ce qu’ils sont. Où ? le bruit de leurs allures, leurs appels, leur fatigue. Où ? l’odeur de leurs encolures, leurs têtes basses, les signaux de leurs oreilles. Où ? leurs poils brillants, leurs flancs nourris le doux soyeux de leurs poitrails sous des mains caressantes et fines. »  Où vont nos chevaux lorsqu’ils partent à... [Lire la suite]

30 avril 2017

" Elles quatre une adoption " Nicole Malincoli et Evelyn Gerbaud

  « Au début il n’y a pas de mère. Pas de père non plus. C’est dès le premier jour de la vie de la Petite, dès la première heure peut-être, on ne sait jamais. Il y a une femme inconnue qui vient de la mettre au  monde et aussitôt s’efface, ne laisse sur le petit corps aucune trace que celles qu’elle a imprimées en lui durant neuf mois, façonnant la Petite, faisant que peut-être la Petite lui ressemble – mais cela non plus on ne sait pas. »  Quatre femmes, quatre L, ailes. Quatre femmes qui forment une... [Lire la suite]
26 mars 2017

Dimanche en poésie : " Mes Pénélopes " Carol Vanni et Véronique Decoster

 « Je m’appelle Pénélope. J’ai 79 ans. Comme toujours lorsque la petite est avec moi, nous jouons à la marchande sur le trottoir qui borde la maison. Je lui apprends les nombres. Marchande d’herbe et de cailloux. Assise sur une veille chaise, je tourne mes pouces l’un autour de l’autre. Elle me regarde longtemps. 999 999 + 1. Je suis son arrière-grand-mère. Elle attend, volontiers. Puis s’échappe. Devant nous les arums qu’on nomme pieds de veaux. Et tout le long du mur qui nous sépare d’avec les voisins, une ligne de... [Lire la suite]
24 mars 2015

"Où que j'aille" Albane GELLE - Anne LELOUP

« Tu voyages avec moi, tu n’es pas encombrant. Où que j’aille.Tu te moques des grandes pluies, tu ne te perds jamais dans les labyrinthes, et tu n’attends pas ton tour au bout des files d’attentes. Tu te fais oublier. Pendant que je m’affaire à fermer un manteau, à cueillir des cerises, à seller un cheval. Pendant que je t’écris des livres.Je n’ai pas encore lu toutes les pages, rangées dans la grande chemise cartonnée beige. J’attends le jour où. J’emporterai tout ça, dans une autre maison (la forêt sera au bout des doigts). En... [Lire la suite]