24 mars 2018

Frédérique Germanaud " INTERIEUR. NUIT"

Recevoir une enveloppe. Lire mon adresse et au dos, l’adresse de l’expéditrice. Sourire. Sourire parce que sentir le beau arriver. Ouvrir l’enveloppe sans savoir de quoi il s’agit, ni de ce qu'elle peut receler. Découvrir un recueil, « INTERIEUR. NUIT ». Un écrin blanc, beige, grammage épais, texture épaisse et douce au touché. Un nom Frédérique Germanaud. Une maison d’édition Le Phare du Cousseix. Savoir que le beau ressenti ne peut être que beau promis. Prendre le temps de toucher le papier, le carnet cousu, retenu. Seul... [Lire la suite]

15 juillet 2016

Journal pauvre (extrait) - Frédérique Germanaud

Cueillette des prunes, hier, un sac pour les tombées, un autre pour celles encore à l’arbre, et première entrée dans ce journal de pauvreté – journal pauvre, qui dira la nécessité de joindre les deux bouts, d’être l’affut de ce qui s’offre, se grappille, nourrit et permet de tenir jusqu’au lendemain. Un bord d’étang délaissé propose en abondance ces petits fruits sauvages rouges et jaunes, que nul ne se donne la peine de récolter. Dans la très grande chaleur de ce début d’après-midi, en équilibre sur le talus broussailleux, je... [Lire la suite]
17 août 2015

"Quatre vingt dix motifs" Frédérique Germanaud

  « Troquer l’espace pour le lieu, le temps pour l’instant. Nous sommes dans le ventre de l’été, englués dans une insupportable chaleur. Il nous faut constamment recomposer nos images devenues floues. Mirages. C’est vendredi treize et nos peaux sentent encore le pin et le sel, la lande maritime tatouée dans nos chairs. Nous sommes secs comme des criquets, mous comme des lézards. Nos corps imbriqués à l’étroit dans le fauteuil vert. Accoudoirs et dossier arrondis nous font une coque, un coquillage de tissu. Les nez... [Lire la suite]