23 décembre 2018

Dimanche en poésie 2018

    « Et à part écrire, vous faites quoi dans la vie ? »     On le sait tous « les poètes, ça ne fiche pas grand-chose », ça ne fout rien même. Ça passe sa vie à réclamer, déclamer, exprimer, s’épandre, copier, recopier, écrire, gommer, raturer, recommencer, se croire au-dessus de la mélasse des écrivains notoires. Un poète ça soupire, gribouille, jette du papier par terre, le ramasse pour en refaire une boulette, ça exulte sa rage, ça cueille et ouvre l’univers. Et le cas échéant, un poète ça poétise. Enfin... [Lire la suite]

24 novembre 2018

Frédérique Germanaud - Journal pauvre

  « C’est un grand bouleversement que d’abandonner un travail alimentaire, des horaires, un salaire, des collègues. C’est aussi lâcher cette peur qui rend, depuis plusieurs années, chaque matin difficile, chaque journée un espace hostile à traverser. Ma vie, mon temps m’appartiennent, pour la première fois. Je ne sais pas si je suis heureuse. […] Le juste terme est peut-être celui de la langueur. Je suis prête à accueillir cet état. Disposée aux creux, chemins de traverse ou taillis qui se trouveront sur ma route. De cette... [Lire la suite]
24 mars 2018

Frédérique Germanaud " INTERIEUR. NUIT"

Recevoir une enveloppe. Lire mon adresse et au dos, l’adresse de l’expéditrice. Sourire. Sourire parce que sentir le beau arriver. Ouvrir l’enveloppe sans savoir de quoi il s’agit, ni de ce qu'elle peut receler. Découvrir un recueil, « INTERIEUR. NUIT ». Un écrin blanc, beige, grammage épais, texture épaisse et douce au touché. Un nom Frédérique Germanaud. Une maison d’édition Le Phare du Cousseix. Savoir que le beau ressenti ne peut être que beau promis. Prendre le temps de toucher le papier, le carnet cousu, retenu. Seul... [Lire la suite]
15 juillet 2016

Journal pauvre (extrait) - Frédérique Germanaud

Cueillette des prunes, hier, un sac pour les tombées, un autre pour celles encore à l’arbre, et première entrée dans ce journal de pauvreté – journal pauvre, qui dira la nécessité de joindre les deux bouts, d’être l’affut de ce qui s’offre, se grappille, nourrit et permet de tenir jusqu’au lendemain. Un bord d’étang délaissé propose en abondance ces petits fruits sauvages rouges et jaunes, que nul ne se donne la peine de récolter. Dans la très grande chaleur de ce début d’après-midi, en équilibre sur le talus broussailleux, je... [Lire la suite]
17 août 2015

"Quatre vingt dix motifs" Frédérique Germanaud

  « Troquer l’espace pour le lieu, le temps pour l’instant. Nous sommes dans le ventre de l’été, englués dans une insupportable chaleur. Il nous faut constamment recomposer nos images devenues floues. Mirages. C’est vendredi treize et nos peaux sentent encore le pin et le sel, la lande maritime tatouée dans nos chairs. Nous sommes secs comme des criquets, mous comme des lézards. Nos corps imbriqués à l’étroit dans le fauteuil vert. Accoudoirs et dossier arrondis nous font une coque, un coquillage de tissu. Les nez... [Lire la suite]