09 août 2017

L'été Jaune Carré - Sigolène Vinson "Presque un wagon"

Un des deux ânes, le roux, refuse d’avancer. Léonie pose son fusil, un mauser, des usines de Herstal, sur le banc du chariot et saute à terre. Recouvert de pierres et de touffes végétales carbonisées, le fond sableux est un piège. Elle se réceptionne mal et perd l’équilibre. Une halte forcée dans le désert n’est pas la chute vertigineuse qui fera craquer ses gros os. Elle se relève et, s’approchant de la bête, celle qui renâcle, tandis que l’autre, la grise, tire le licol, lance un juron de son pays : ... [Lire la suite]

31 janvier 2017

"Prends le temps de penser à moi" Gabrielle Maris Victorin

  « Nous portons nos morts. Nous les emportons. Ce sont des enfants indociles et capricieux, que nous protégeons. Ils s’approchent, ou s’éclipsent sans que nous n’y puissions rien. Ils grimpent sur notre dos et continuent ainsi à traverser le monde. »  Des livres parlant de cette fameuse journée du 07 janvier 2015, de la rue Nicolas Appert,  des endormis de Charly Hebdo et des traumatismes qui ont suivi, je m’en méfie comme d’une plaie, une cicatrice, un mal que tout le monde s’approprie sans en porter... [Lire la suite]
31 juillet 2016

"Prequel de courir après les ombres" - Sigolène Vinson

Le Poisson Pierre, du nom de son créateur, Pierre Poisson, a une sale gueule mais pas seulement. Trapu, ramassé sur de larges chenilles, sa silhouette aussi est répugnante. Engin bizarre que cette dépanneuse d’après-guerre, conçue et fabriquée des mains d’un homme qui n’était pas ingénieur mais doux rêveur, chercheur d’épaves et de richesses dans les épaves. Pas en quête de galions espagnols coulés en haute mer par trois cent mètres de fond mais de bateaux métaux, cargos et paquebots échoués sur le sable, enchâssés dans les bancs de... [Lire la suite]
31 août 2015

"Courir après les ombres "Sigolène Vinson

Chère Sigolène Vinson,   Vous n’êtes peut-être pas habituée à lire mes billets, à lire les émotions que je ressens lorsqu’à la lecture d’un roman, mon âme et mon cœur rencontrent des mots qui m’ont touché, bousculé peut-être même plus, qui ont dévoilé une de mes facettes. Vous n’êtes peut-être pas habituée à découvrir tous ces mots écrits résonnant chez certains de vos lecteurs parce qu’ils parlent d’humanité, de ce que nous sommes tous,  et cela quelque soit notre continent, nos racines, nos pays, des... [Lire la suite]
22 juin 2015

"Le Caillou" Sigolène Vinson

« J’ignore combien de temps je suis restée inconsciente. Le soleil n’est plus tout à fait à la même place. Ai-je bu depuis ce matin ? Je n’en ai pas le souvenir. Dans mon sac, ma bouteille d’eau est encore pleine. La mort par déshydratation est celle des naufragés sur les radeaux, des matelots à la dérive, de ceux que la pleine mer avale. De toute façon, je n’existe déjà plus.Quand Monsieur Bernard a voulu savoir si j’avais fait des études, je lui ai répondu : « oui très longues. » Il n’a pas cherché à savoir... [Lire la suite]