20 janvier 2019

Thomas Vinau - Lettre ouverte au cours naturel des choses

  « Il en faudra des pluies grises, des crachins persévérants, des orages obstinés et des déluges minuscules pour que le fleuve déborde, sorte de son lit et emporte la violence des berges qui l'enserrent avec lui. [...] Les berges resteront des berges, les barges resteront des barges, et la suffisance restera la suffisance. [...] C'est pour ça que je préfère tenter de construire un radeau de miettes plutôt que de m'évertuer de mettre le feu à l'eau sombre. Il y a des ouvrages immenses comme ça qui se bâtissent avec des... [Lire la suite]

23 décembre 2018

Dimanche en poésie 2018

    « Et à part écrire, vous faites quoi dans la vie ? »     On le sait tous « les poètes, ça ne fiche pas grand-chose », ça ne fout rien même. Ça passe sa vie à réclamer, déclamer, exprimer, s’épandre, copier, recopier, écrire, gommer, raturer, recommencer, se croire au-dessus de la mélasse des écrivains notoires. Un poète ça soupire, gribouille, jette du papier par terre, le ramasse pour en refaire une boulette, ça exulte sa rage, ça cueille et ouvre l’univers. Et le cas échéant, un poète ça poétise. Enfin... [Lire la suite]
17 septembre 2018

Dimanche en poésie Thomas Vinau "Comme un lundi, carnet de bord assis tout au bord du temps"

  « De l’usure. Des questions. Des matins sans lumière. Des journées qui s’empilent comme des mauvais Légo. Nos yeux se rapprochent du sol. Parfois nos bouches restent closes et le silence court comme une petite lune de rasoir sur la langue que nous inventions. Nous en perdons l’usage, jusqu’au lendemain, quand un nouveau soleil grimpe encore sur les troncs. On se mouche. On s’embrasse. Il fait trop froid pour ne pas mettre un pantalon. La course recommence. Le bébé pleure. Il est bientôt sept heures. Tu me souris... [Lire la suite]
09 mars 2017

" il y a des monstres qui sont très bons" Thomas Vinau

  «  Des êtres vivent dans ce pays. Leur peau est recouverte d'ombre. On voit parfois leurs yeux, jamais leurs visages. Ils sont comme des fleurs froides. Ils mangent le verre  brisé, éparpillé, des rayons d'un soleil qu'ils ne perçoivent pas. Des brides de leur langue inconnue me sont parfois portées par les souffles de glace. Chants d'oiseaux déréglés. A l'intérieur, le blanc du paysage est comme un feu calme. Mais déhors, son rire déchire les figures. Des gens s'aiment ici, se... [Lire la suite]
10 janvier 2017

Lettre à Thomas Vinau - La part des nuages

  Monsieur Thomas Vinau,    Permettez-moi de vous appeler Monsieur.  Thomas est trop intime. Vinau trop court, trop sec, dur, intransigeant.   Je viens de finir votre roman, « La part des nuages ». Il trainait dans ma bibliothèque depuis quelques temps, attendant son tour, rangé entre un Thoreau et sa vie sauvage et « Et, néanmoins » de Philippe Jaccottet, déniché dans une brocante. Il trainait là, attendant une météo plus clémente, le moment propice où les nuages... [Lire la suite]
12 août 2016

" 76 clochards célestes ou presque" Thomas Vinau

  « Jean Claude Pirotte marche toujours dans le brouillard. Jean Claude Pirotte est né dans la brume, à Namur (1939), et les densités grises ont nourri son muscle cardiaque. Jean Claude Pirotte est un poète et, comme tous les poètes, il a eu mille vies. Il connaît le lait des petites aubes traversées comme un chien féral. C’est un fugitif, un avocat, un buveur, un peintre, un érudit, un vagabond. Souvent, j’écoute sa voix. Une pivoine froissée  me sourit. Aujourd’hui il fait gris. Et c’est comme un hommage des... [Lire la suite]
25 février 2016

Amegraphique - Poésie

Poésie… tel un mot qui se pose sur la feuille et qui nous plonge.  PoésieMatin, La lumière, jour qui nous éclairePoésieNuit, de la lune son rayon sur nos mains PoésieTout ce foutraque qui nous prend là. Le cœur, les reins, nos jambes à nos cous, nos yeux dans le blanc de la feuille, les couleurs qui l’éclaboussent.PoésieGuerre qui occulte la vue. Mots qui deviennent armes de bataillons, poètes anarchistes, révolutionnaires d’un état de paix. Le bruit des canons à l’encre bleue, noire, rouge. Le son de nos bouches où... [Lire la suite]
05 octobre 2015

"Bleu de travail" Thomas Vinau

  « Partons de ce bleu, si vous voulez bien. Partons de ce bleu dans le matin fraîchi d'avril. Il avait la douceur du velours et l'éclat d'une larme. J'aimerais vous écrire une lettre où il n'y aurait que ce bleu. » Christian Bobin. Partons oui de ce bleu et laissons nous embarquer dans les mots de Thomas Vinau. Oublions toutes les autres couleurs, tous les autres mots, les nuances d’un échéancier. Oublions les nuits noires, les matins aurores, les midis ensoleillés et les soirs orangés. Ne gardons que les bleus à... [Lire la suite]