23 août 2016

"Hiver à Sokcho" Elisa Shua Dusapin

  « Ce soir là encore, il n’est pas venu manger. Enhardie par notre promenade, je lui ai apporté un plateau moins pimenté que pour les autres pensionnaires.Voutée sur le bord du lit, sa silhouette se découpait à contre-jour sur la paroi de papier, collant ma joue contre l’embrasure, j’ai vu sa main courir sur une feuille. Il l’avait posée sur un carton, sur ses genoux. Entre ses doigts, le crayon cherchait son chemin, avançait, reculait, hésitait, reprenait son investigation. La mine n’avait pas encore touché le papier.... [Lire la suite]

28 mai 2016

"Les étoiles s'éteignent à l'aube" richard Wagamese

  « Quand il fut capable de tirer de façon aussi fiable avec la carabine qu’avec la 22, le vieil homme le laissa commencer à chasser. Ils prenaient les chevaux, traversaient le champ, remontaient pesamment jusqu’à la crête et quand ils étaient arrivés de l’autre côté, ces terres devenaient ce que le vieil homme appelait «  le vrai monde ». Pour le garçon, le vrai monde c’était un espace de liberté calme et ouvert, avant qu’il n’apprenne à l’appeler prévisible et reconnaissable. Pour lui, c’était oublier écoles,... [Lire la suite]
16 mars 2016

" L'analphabète " Agota Kritof

« Je sais que je n’écrirai jamais le français comme l’écrivent les écrivains français de naissance mais je l’écrirai comme je le peux, du mieux que je le peux.Cette langue je ne l’ai pas choisie. Elle m’a été imposée par le sort, par le hasard, par les circonstances. Ecrire en français, j’y suis obligée. C’est un défi.Le défi d’un analphabète. » On m’avait prévenue que ce livre me marquerait, serait un sacré roman déboussolant mes étagères pépites, ces romans qui me marquent, que je relis et relis. On m’avait prévenue... [Lire la suite]
16 février 2016

"Le royaume des oiseaux" Marie Gaulis

“ Car la maison n’était pas que maison […] Elle était terre démesurée, innommable et sans repos, elle était rêve, elle était désespoir, et surtout cela qui fait que de très loin, parce qu’ils sont là où ils ont toujours été, on reconnait les lieux familiers […] “ Michèle Desbordes    Quelque part au fin fond d’une terre savoyarde, un lieu irréel et pourtant vrai. Un lieu fait de silence, de bois et de murmures d’oiseaux. Un lieu où tout n’est que vestiges, racines, une terre oubliée, souvenirs d’une étendue... [Lire la suite]