17 septembre 2018

Dimanche en poésie Thomas Vinau "Comme un lundi, carnet de bord assis tout au bord du temps"

  « De l’usure. Des questions. Des matins sans lumière. Des journées qui s’empilent comme des mauvais Légo. Nos yeux se rapprochent du sol. Parfois nos bouches restent closes et le silence court comme une petite lune de rasoir sur la langue que nous inventions. Nous en perdons l’usage, jusqu’au lendemain, quand un nouveau soleil grimpe encore sur les troncs. On se mouche. On s’embrasse. Il fait trop froid pour ne pas mettre un pantalon. La course recommence. Le bébé pleure. Il est bientôt sept heures. Tu me souris... [Lire la suite]

09 juillet 2018

Etienne Faure - écrits cellulaires

On entre sur la pointe des pieds comme on entre dans une chambre, une cellule, lieu de recueillement ou prison. En silence. Pour ne pas trahir ou bruisser la flamme vacillante, la liberté qui s’écarte. On espère mais l'espérance a vécu au delà de tout, sans effroi et sans remuer.  Le lieu clos pousse à l’introspection, aux souvenirs de jeunesse, à ces courriers et amours laconiques qui datent les années, marquent les âges. Les aïeux en exil se rapprochent des corps, des frontières. Ils couronnent de leur mort, l’honneur des... [Lire la suite]
27 mai 2018

Lao Shu "Un monde simple et tranquille"

  « Je me suis épanoui telle une fleur,Je me suis laissé flotter tel un épi de blé,Je me suis laissé vivre fidèle à moi-même.Je suis seul à la frontière du monde,Face à l’immensité des champs désolés, je souris. »  Certains soirs lorsque la lumière s’éteint dans la clarté d’un jour absolu, lorsque le soleil termine sa course vers cet ouest résolument marin, la tranquillité d’un monde simple et tranquille nous sourit, nous habite. Rêveusement, nous nous installons face à l’océan, face à la vue qui nous grandit,... [Lire la suite]
13 mai 2018

Patrick Da Silva "Les pas d'Odette"

  «  Même à pas menus, même.Oui menus, désormais, mais pour autant jamais comptés.Pour autant, tout menus qu’ils sont devenus, pas plus comptés qu’avant, lorsqu’il étaient, les pas, plus grands. Plus grands, plus vites, et plus allants. Avant, quand elle était juste mémé, mémé, sans qu’il y faille rien ajouter, vu qu’elle était la seule de sa catégorie. Vu que l’autre, c’était Omi ou mamie. Mais maintenant qu’elle a pris un galon de plus aux épaulettes il faut bien  le précise, il faut bien dire Odette en plus de... [Lire la suite]
15 avril 2018

Dimanche en poésie - Thierry Metz " Lettres à la bien aimée"

« T’offrir une feuille encore verte, te donner un caillou parce qu’il est blanc, parce qu’il est rond, te montrer un homme qui passe avec sa marchandise, ou les mains vides, faire que le jardin soit l’endroit où tu aimes aller.Que montrer d’un silence ?Ses peuplades dans le réel ? »[…]« T’écrire c’est construire la petite hutte de Nicolette, fleurie dedans et dehors.Qu’il y ait juste assez de place pour deux amants.Où filtre un rayon de lune. »   Ouvrir un livre d’un auteur, poète que l’on... [Lire la suite]
05 mars 2018

Guillaume Siaudeau " Inauguration de l'ennui "

  « Prem’s Le premier rayoncelui qui n’a pasattendu les autresCelui qui ne brûlepas encoreQui réchauffe juste un peujuste ce qu’il fautQui ne ferait pascuire un œufsur un capot de voitureCe premier rayon-làa valeurde sourire » Il y a des petits livres qui nous arrivent comme ça, comme un beau jour de hiver/printemps. Un jour un peu bizarre, entre deux giboulées. Ils se glissent entre une ondée et une éclaircie, viennent nous chatouiller la joue, le regard, nous ébouriffer nos cheveux qui jusqu’à-là étaient cachés... [Lire la suite]

04 mars 2018

Dimanche en poésie - Thierry Radière " Les samedis sont au marché"

  « Les petits pois  La mémoire ne revient pas comme ça : j’ai passé mon temps à oublier qui j’étais. Maintenant j’y vois plus clair, je m’invente des souvenirs pour être comme tout le monde. Avant je croyais que j’étais faite pour rester une morte vivante ; à patiner dans la choucroute jusqu’à la fin de mes jours. Les marchés le samedi matin avec toi sont des attendrisseurs : ils font venir au fond de ma gorge un goût de partage que je ne connaissais pas. Les petits pois écossés en ta compagnie bien... [Lire la suite]
24 février 2018

Comme résonne la vie - Hélène Dorion

  « Parce que le ciel souffle sur le feuillage de nos silenceset que battent les saisons, parce quela rosée bientôt nous rendra au petit matin et que les heures glissententre nos mains des orages et des falaises  parce que tant de beautéscontinuent de vivre et que nous sommes aussitant de beauté, chaque jour, on traversejusqu’à l’instant sublime où la terre, lentement la terreson doux visage d’éveillée, remonte de sa nuit  remonte de sa nuit. »  Nous le savons tous que vivre est une caisse de... [Lire la suite]
21 janvier 2018

Dimanche en poésie - Eric Poindron "Comme un bal de fantômes"

  Jusqu’à ce jour, je ne connaissais pas Eric Poindron. Je ne connaissais pas ce magicien de la langue, cet être lunaire semblable à un cabinet de curiosité insolite, ce sorcier qui d’une rime nous emmène à traverser les époques, à entendre les rires et entrevoir les sourires de notre enfance, de ces poètes vagabonds qui nous ont envouté par leurs mots, par une désespérance facétieuse. Non je ne le connaissais pas. Un fantôme certainement. Un elfe malicieux. Ou peut-être comme dans ces dessins animés de notre enfance, ce bon... [Lire la suite]
21 décembre 2017

Un coup dans le rétro - 2ème trimestre

Petite suite de l’exploration de cette année 2017 avec de très belles découvertes et de belles surprises…     Dimanche en poésie, dimanche en photos   Si je suis de ce monde (Albane Gellé) « Tenir des billes des cailloux pour les plus grands trésors de vie à emmener île déserte ave des cœurs décorés et les phrases toutes les phrases enfants vieillards encore debout. » De bronze et de souffle, nos cœurs (Jeanne Benameur et Rémi Polack) : La force de Jeanne Benameur est de nous faire ressentir cette... [Lire la suite]