04 novembre 2018

Hélène Dorion - l'étreinte des vents

  « Nous sommes des êtres de liens. Plus que tout, nous tendons vers ce qui nous relie – à nous-mêmes, à l’autre, au monde et à ce qui nous transcende. Nous avons besoin de nous sentir ainsi liés, et ce sentiment précède celui d’être unis, de participer à cette formidable et vertigineuse aventure qu’est la vie. »  Une île. Une île comme un corps, une âme. Les nôtres. Cet état-territoire dans lequel on se réfugie, repartons à notre conquête. Ce pays, source d’une solitude, de paysages morcelés, sauvages, qu’il nous... [Lire la suite]

26 octobre 2018

Emmanuelle Gouasdon " Parfois on se sent petit"

    Parfois on se sent tout petit, minuscule comme très loin des grands arbres qui de leurs ombres devraient au contraire nous apaiser de leur feuillage protecteur. Des fois la vie nous semble si vaste, si loin de nos rêves et de nos possibilités que leurs feuilles deviennent impossible à attraper comme trop hautes et nous si petit, minuscule devant cette immensité. Si petit et si éloigné. Si petit au pied de ce grand arbre aux branches enchevêtrés. Si petit face à la forêt, aux idées qui se fracassent aux troncs,... [Lire la suite]
07 octobre 2018

Dimanche en photo : Pierre Michon et Anne Lise Broyer " Vermillon"

  « Cette maison est un peu secrète : non pas que je la cache, mais de loin, quand je n’y vis pas, c’est-à-dire neuf mois sur douze, elle m’apparait comme un secret lointain, enfoui. Je la porte en moi comme un noyau invisible, et y penser me donne ne même temps la plus grande force et la plus grande faiblesse. Je ne tiens pas trop à ce que d’autres la voient quand je n’y suis pas : comme si je voulais garder jalousement un mirage qui n’apparait que pour moi, chaque été. » Quelque part dans au Sud-Ouest de... [Lire la suite]
19 août 2018

Dimanche en poésie Rainer Maria Rilke " Notes sur la mélodie des choses"

  « Quand deux ou trois personnes s’assemblent, ce n’est pas pour autant qu’elles sont déjà ensemble. Elles sont comme des marionnettes dont les fils sont de différentes mains. Sitôt qu’une main les manipule tous, il leur survient une communauté qui les fait s’incliner ou se sauter dessus. Et les forces de l’être humain, elles aussi, sont là où vont finir ses fils dans une main souveraine qui les tient. »  Ils vous arrivent de lire des livres, des recueils sans savoir si ce que vous allez lire, si les mots qui... [Lire la suite]
09 juillet 2018

Etienne Faure - écrits cellulaires

On entre sur la pointe des pieds comme on entre dans une chambre, une cellule, lieu de recueillement ou prison. En silence. Pour ne pas trahir ou bruisser la flamme vacillante, la liberté qui s’écarte. On espère mais l'espérance a vécu au delà de tout, sans effroi et sans remuer.  Le lieu clos pousse à l’introspection, aux souvenirs de jeunesse, à ces courriers et amours laconiques qui datent les années, marquent les âges. Les aïeux en exil se rapprochent des corps, des frontières. Ils couronnent de leur mort, l’honneur des... [Lire la suite]
24 juin 2018

Marion Collé - Etre fil

  Etre fil, jongler sur son équilibre, trouver la prise qui gardera à plat le pied, traversera le vide, enterrera les peurs et craintes. Etre fil et ressentir les vibrations du corps, des mots, du fragile point d’équilibre, grandir, s’aventurer, s’hasarder dans le temps qui se déroule, enfle, s’éternise, se recueille. Etre fil et murmurer, fragile objet que nous sommes, spectacle de notre âme à jamais résorbée. Chercher les mots et les filets, se rattraper dans les sanglots étouffés, le feuillage tapis de sol, les ponts, les... [Lire la suite]

27 mai 2018

Lao Shu "Un monde simple et tranquille"

  « Je me suis épanoui telle une fleur,Je me suis laissé flotter tel un épi de blé,Je me suis laissé vivre fidèle à moi-même.Je suis seul à la frontière du monde,Face à l’immensité des champs désolés, je souris. »  Certains soirs lorsque la lumière s’éteint dans la clarté d’un jour absolu, lorsque le soleil termine sa course vers cet ouest résolument marin, la tranquillité d’un monde simple et tranquille nous sourit, nous habite. Rêveusement, nous nous installons face à l’océan, face à la vue qui nous grandit,... [Lire la suite]
13 mai 2018

Patrick Da Silva "Les pas d'Odette"

  «  Même à pas menus, même.Oui menus, désormais, mais pour autant jamais comptés.Pour autant, tout menus qu’ils sont devenus, pas plus comptés qu’avant, lorsqu’il étaient, les pas, plus grands. Plus grands, plus vites, et plus allants. Avant, quand elle était juste mémé, mémé, sans qu’il y faille rien ajouter, vu qu’elle était la seule de sa catégorie. Vu que l’autre, c’était Omi ou mamie. Mais maintenant qu’elle a pris un galon de plus aux épaulettes il faut bien  le précise, il faut bien dire Odette en plus de... [Lire la suite]
15 avril 2018

Dimanche en poésie - Thierry Metz " Lettres à la bien aimée"

« T’offrir une feuille encore verte, te donner un caillou parce qu’il est blanc, parce qu’il est rond, te montrer un homme qui passe avec sa marchandise, ou les mains vides, faire que le jardin soit l’endroit où tu aimes aller.Que montrer d’un silence ?Ses peuplades dans le réel ? »[…]« T’écrire c’est construire la petite hutte de Nicolette, fleurie dedans et dehors.Qu’il y ait juste assez de place pour deux amants.Où filtre un rayon de lune. »   Ouvrir un livre d’un auteur, poète que l’on... [Lire la suite]
24 mars 2018

Frédérique Germanaud " INTERIEUR. NUIT"

Recevoir une enveloppe. Lire mon adresse et au dos, l’adresse de l’expéditrice. Sourire. Sourire parce que sentir le beau arriver. Ouvrir l’enveloppe sans savoir de quoi il s’agit, ni de ce qu'elle peut receler. Découvrir un recueil, « INTERIEUR. NUIT ». Un écrin blanc, beige, grammage épais, texture épaisse et douce au touché. Un nom Frédérique Germanaud. Une maison d’édition Le Phare du Cousseix. Savoir que le beau ressenti ne peut être que beau promis. Prendre le temps de toucher le papier, le carnet cousu, retenu. Seul... [Lire la suite]