28 février 2018

" La tendresse des pierres " - Marion Fayolle

 « On a enterré un poumon de papa. C’était un jour de printemps, les arbres étaient chargés de cerises et la nature était  belle. » Par où commencer, mon dieu. Par où commencer sans vous donner l’envie de vous ruer sur cette bande dessinée sans voir et comprendre toute sa subtilité, sa beauté, la poésie dégagée et les larmes qui perlent et se répandent au fur et à mesure de la lecture. Un roman graphique serait d’ailleurs et largement plus élogieux, plus sincère et proche du rendu de cet ouvrage qui m’a laissé un... [Lire la suite]

18 février 2018

A Camus et M Casarès "Correspondance 1944 - 1959"

    «  lundi 6 février 1950  Au fond, très au fond de moi, j'ai toujours gardé, naturellement la certitude de te retrouver ; sinon comment aurais-je pu supporter ces longues heures mornes qui passent, qui glissent impitoyablement dans leur course effrénée et devant lesquelles, je me suis arrêtée, stupide et épouvantée ? Oui, quelque chose de plus profond, de plus grave et de plus véritable que mon imagination déjà usée et impuissante, m'ont retenue à toi, à nous, à moi-même ; c'est la terre, le ciel, la mer,... [Lire la suite]
06 février 2018

"La revenue" Donatella Di Pietrantonio

 « J’étais orpheline de deux mères vivantes. L’une m’avait cédée, son lait encore sur ma langue, l’autre m’avait rendue à l’âge de treize ans. J’étais fille de séparations, de liens de parenté faux et tus, de distances. Je ne savais plus de qui j’étais issue. Au fond, je ne le sais toujours pas. »  « La Revenue », celle que l’on a oublié et qui revient dans sa famille d’origine un beau jour. Celle que l’on avait effacée comme on efface à l’éponge le dessin d’un enfant abandonné.  Une gamine, qui... [Lire la suite]
04 février 2018

Fabienne Swiatly "Boire et plus"

  «  A treize ans, je bois ma première bière, une Kronenbourg en bouteille 33 centilitres. Je bois au goulot comme cela se fait chez nous. Les verres, c’est pour les invités. Je n’aime pas particulièrement le goût amer de la bière, mais très vite je prends conscience de l’effet que cela produit dans mon corps. Sur tout dans ma tête. Pour la première fois, je ne m’ennuie pas en famille, j’ai envie de rester avec eux, de parler avec eux. J’entre dans la bulle. Je suis en lien et l’ennui a disparu. Le même soir, mon... [Lire la suite]
04 octobre 2017

Isabelle Arsenault " L'oiseau de Colette"

  Colette est grincheuse. Colette est grognon. Colette et son petit imper jaune bougonne en donnant des coups de pied dans un carton posé dans le jardin clos en bas de chez elle, au pied de l’escalier colimaçon en fer. Il faut dire que Colette vient juste d’emménager dans un nouveau quartier et qu’elle s’embête ferme en attendant que ses parents terminent de déballer les dernières affaires.  « Non, Colette ! Pour une dernière fois, PAS D’ANIMAL DOMESTIQUE ! Maintenant va plutôt explorer ton nouveau... [Lire la suite]
16 août 2017

" Le cri du diable " Damien Murith

  Lire Damien Murith c’est pénétrer dans une écriture qui nous prend aux tripes, nous retourne en moins de deux, nous poursuit des jours et des nuits, nous envoie valdinguer avec poésie dans les cordes du ring. C’est entendre la petite musique des mots qui pénètre votre chair, votre cœur, enfouie sous votre épiderme un mal profond et vous laisse béat devant tant de forces et beautés. C’est un uppercut qui ne vous laisse aucun répit et vous donne juste l’envie de continuer à lire ce quelque chose que l’on nomme un bijou. Un... [Lire la suite]

28 juin 2017

" Louis parmi les spectres " Fanny Britt - Isabelle Arsenault

« Je ne savais pas que l’amour c’est comme une roche qui nous explose le cœur, qui fait mal autant qu’il fait vivre, et qu’il donne envie de fuir en même temps qu’il nous empêche de le faire. Ce que je savais c’est que la plupart du temps, ça finit mal. »   Il y a des bandes dessinées comme il y a des romans : impossible à chroniquer, impossible d’en parler.« Louis parmi les spectres »… J’en suis rendue à une énième lecture, à mon énième essai. Et depuis ma toute première ouverture de ce roman graphique... [Lire la suite]
20 février 2017

" Chère brigande " Michèle Lesbre

Chère Michèle Lesbre, Chère Marion Du Faouët  Je ne sais comment commencer cette lettre, je ne sais comment vous adresser mon admiration face à votre écriture, à cette façon que vous avez de nous emmener dans vos mots, cette mélancolie que vous savez si bien écrire, ces hivers que vous nous faites traverser et qui sont des vrais silences dans lesquels j’aime me retrouver. Votre écriture a le don de m’amener à traverser des chemins logeant La Loire (Chemins), à m’asseoir sur des plages aux sables imparfaits (Sur... [Lire la suite]
15 septembre 2016

"Un garçon qui court" Mélanie Richoz

      « Tout ce que je vis aujourd’hui me sert pour demain. Happé par l’avenir, j’ai le devoir de l’écrire, d’en faire quelque chose, d’enquêter, de mettre du sens. De comprendre ? Tant que je ne l’ai pas écrit et qu’il n’a donc pas subi de transformation consciente qui fait que je ne peux plus penser comme avant, ça n’existe pas. C’est peut-être pour ça que je n’ai jamais raconté ce qui s’est passé entre nous.La raconter à qui,et comment,et pourquoi ?Qui peut entendre ?»  Je vais... [Lire la suite]
09 mai 2016

" Marguerite n'aime pas ses fesses" Erwan Larher

  « Marguerite n’aime pas ses fesses » ! Tiens donc… Pauvre Margot comme aurait souligné, de son ton caustique et narquois, Brassens en dégrafant son corsage. Soit ! C’est vrai qu’elles sont plates, que son cul n’est pas rebondi (ou du moins pas suffisamment aux yeux de ses copines et des siens), relevé, attirant, qu’elle n’a rien pour le mettre en valeur, pas de string ou de petite culotte en dentelle... (Marguerite, c’est le coton qu’elle aime, la tendresse, le confort, la relation durable et sincère.) Bref... [Lire la suite]