18 février 2018

A Camus et M Casarès "Correspondance 1944 - 1959"

    «  lundi 6 février 1950  Au fond, très au fond de moi, j'ai toujours gardé, naturellement la certitude de te retrouver ; sinon comment aurais-je pu supporter ces longues heures mornes qui passent, qui glissent impitoyablement dans leur course effrénée et devant lesquelles, je me suis arrêtée, stupide et épouvantée ? Oui, quelque chose de plus profond, de plus grave et de plus véritable que mon imagination déjà usée et impuissante, m'ont retenue à toi, à nous, à moi-même ; c'est la terre, le ciel, la mer,... [Lire la suite]

06 février 2018

"La revenue" Donatella Di Pietrantonio

 « J’étais orpheline de deux mères vivantes. L’une m’avait cédée, son lait encore sur ma langue, l’autre m’avait rendue à l’âge de treize ans. J’étais fille de séparations, de liens de parenté faux et tus, de distances. Je ne savais plus de qui j’étais issue. Au fond, je ne le sais toujours pas. »  « La Revenue », celle que l’on a oublié et qui revient dans sa famille d’origine un beau jour. Celle que l’on avait effacée comme on efface à l’éponge le dessin d’un enfant abandonné.  Une gamine, qui... [Lire la suite]
25 décembre 2017

Celles qui regardent (carnet des maisons) Marcelline Roux

  « Au début, ils ont l’âge de vouloir une maison : un lieu pour planter des arbres et attendre la lumière du soir. C’est simple. Ils ont évalué le montant du prêt, achètent la presse de l’immobilier, commencent à fréquenter les agences et leurs agents : tout va bien. Un soir, ils entendent débarquer un jeune couple dans l’appartement d’au-dessus, et tout laisse à penser que la cohabitation sera difficile : raison de plus pour chercher un endroit calme et tranquille. »    De ce carnet j’ai... [Lire la suite]
10 octobre 2017

Matteo Righetto "Ouvre les yeux"

  « Les montagnes sont toujours généreuses. Parce qu’elles offrent des aubes et des couchers de soleil uniques, des moments enchanteurs, des silences éternels et des bruits qui appartiennent à d’autres mondes que le nôtre ; mais également des moments de peur et de danger, de fragilité et de désespoir. » Comment parler d’un livre qui n’est que silence, lumière, beauté absolue. Comment en parler lorsque l’on sait que ce qui sera écrit ne sera pas à la hauteur du roman. Mais bon sang quel sublime et magnifique... [Lire la suite]
04 octobre 2017

Isabelle Arsenault " L'oiseau de Colette"

  Colette est grincheuse. Colette est grognon. Colette et son petit imper jaune bougonne en donnant des coups de pied dans un carton posé dans le jardin clos en bas de chez elle, au pied de l’escalier colimaçon en fer. Il faut dire que Colette vient juste d’emménager dans un nouveau quartier et qu’elle s’embête ferme en attendant que ses parents terminent de déballer les dernières affaires.  « Non, Colette ! Pour une dernière fois, PAS D’ANIMAL DOMESTIQUE ! Maintenant va plutôt explorer ton nouveau... [Lire la suite]
13 avril 2017

" Le groupe " jean Philippe Blondel

  « On a tous été très secoués. Par toutes les histoires. Les fausses. Les vraies. C’est comme si nous avions été projetés à l’intérieur d’un film trop réaliste. Juliette et Camille s’essuyaient les yeux. Boris fixait le plafond pour contrer l’émotion. Mais le plus troublant, c’était Mme Grand. Alors, elle, toutes les digues ont lâché. Elle était carrément en PLS. C’est bizarre de voir un adulte pleurer. »   Autant vous le dire tout de suite, l’écriture et moi, les mots dans un carnet ou sur une feuille de... [Lire la suite]

09 avril 2017

" La nature exposée " Erri De Luca

  Je suis troublée, émue. Je ne sais comment je vais pouvoir parler, dire ces émotions que j’éprouve devant la force et la beauté de ce roman, la tendresse folle pour l’homme, pour ce qu’il a en lui, dans lui, pour ce qu’il est avant tout, avant d’être homme, un humain, un être constitué de peu, de lui, et qui dans sa générosité peut être quelqu’un de bien, de simple, d’humble, vrai et surtout respectueux. Je ne sais pas.   Erri de Luca, cet homme, cette écriture qui nous expose, nous relève, nous fait regarder,... [Lire la suite]
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15 septembre 2016

"Un garçon qui court" Mélanie Richoz

      « Tout ce que je vis aujourd’hui me sert pour demain. Happé par l’avenir, j’ai le devoir de l’écrire, d’en faire quelque chose, d’enquêter, de mettre du sens. De comprendre ? Tant que je ne l’ai pas écrit et qu’il n’a donc pas subi de transformation consciente qui fait que je ne peux plus penser comme avant, ça n’existe pas. C’est peut-être pour ça que je n’ai jamais raconté ce qui s’est passé entre nous.La raconter à qui,et comment,et pourquoi ?Qui peut entendre ?»  Je vais... [Lire la suite]
11 juillet 2016

"Ecrit dans un jardin" Marguerite Yourcenar

  « Un jardinier me fait remarquer que c’est en automne qu’on perçoit la vraie couleur des arbres. Au printemps, l’abondance de la chlorophylle leur donne à tous une livrée verte. Septembre venu, ils se révèlent revêtus de leurs couleurs spécifiques, le bouleau blond et doré, l’érable jaune-orange-rouge, le chêne couleur de bronze et de fer. »  On ne résume pas Marguerite Yourcenar non parce que cette romancière, auteure est au-delà des mots, au delà de la statue d’icône, immortelle de l’écrivaine mais parce... [Lire la suite]
18 juin 2016

" Le carré des Allemands " Jacques Richard

  « Tous les moi que je suis, enchâssés l’un dans l’autre depuis le tout premier. Toutes mes innocences dès le premier mensonge. Chacun enchevêtrée à chacune des autres. Tous les mensonges enchevêtrés d’innocence. Toutes les innocences érodées de mensonges, usées, flétries, et toujours aussi nues, fragiles, vraies, les mains croisées sur la poitrine frêle. Tous les moi ingénus, transparents obscurs, anciens, impurs, intacts Ils sont tous là. Tout le temps, tous les jours. Chacun parle, chantonne, ment, crie, joue, triche... [Lire la suite]