17 avril 2017

Lettre à Delphine Bertholon - "Coeur Naufrage"

  Chère Delphine Bertholon,    Cela fait bientôt plus de deux semaines que j’ai quitté votre (ton) roman. Deux semaines que je cherche des mots que je ne trouve pas. Deux semaines que je cherche à décrire la force, la sensibilité qu’il y a dans votre/ton écriture, dans ce Cœur-Naufrage. J’ai lu des blogs, de multiples articles de presse qui racontent merveilleusement bien l’histoire et ce qui en découle. Que pourrais-je dire de plus, d’autres ? Je n’en sais rien. Je ne suis que lectrice, pas une critique,... [Lire la suite]

10 avril 2017

" Inquiétude " Michèle Lesbre

" Maintenant encore il est ce petit fantôme orphelin qui a peur de la nuit, qui ne sera jamais tranquille, un vieil enfant inquiet." Un homme adulte-enfant ou enfant-adulte, un homme qui n'a jamais pu devenir homme, grandir, devenir lui. Une femme, Barbara, qui ne s'appelle pas Barbara mais qui lui ressemble tant. Un aigle noir, une travailleuse de la nuit. Un père absent, parti loin, très loin. Une mère qui s'est perdue dans les couloirs d'un hôtel. Et ces pas au plafond qui lui rappellent qu'il est seul, homme, enfant, homme. Ces... [Lire la suite]
03 avril 2017

" Le suivant " Sébastien Ménestrier

  « Deux hommes sans arme viennent me chercher, j’ai dix-neuf ans, je les suis. Ma mère me regarde marcher derrière eux depuis la fenêtre de notre appartement. Je me retourne une fois vers elle puis je regarde devant moi, dans les rues il n’y a personne. Le jour se lève ? Je veux partir depuis longtemps, je le demande dans mes mauvaises prières depuis des mois. Ce sera comme ça, avec ces hommes-là. Tous les jours des gens sont emmenés, car ils n’aiment pas assez notre grand pays, car ils ont fait quelque chose, car... [Lire la suite]
31 mars 2017

" Témoin " Sophie G.Lucas

  « Il a une voix douce. Il fait des cercles lents avec ses mains. Il dit. Que son quartier n’est pas sûr. Que son fils a douze ans. Qu’il a traduit aux policiers. Que peut-être il s’est trompé. Que peut-être il a mal compris. Escroquerie à l’assurance. Il hausse les épaules. Il murmure quelques mots. Le traducteur dit. Des bouches à nourrir. C’est comme ça. »  Il y a cette femme qui conduit sans permis et qui va chercher ses filles à l’école. Arrêtée sept fois, endettée jusqu’au cou. Ne peut payer l’amende. Il... [Lire la suite]
26 mars 2017

Dimanche en poésie : " Mes Pénélopes " Carol Vanni et Véronique Decoster

 « Je m’appelle Pénélope. J’ai 79 ans. Comme toujours lorsque la petite est avec moi, nous jouons à la marchande sur le trottoir qui borde la maison. Je lui apprends les nombres. Marchande d’herbe et de cailloux. Assise sur une veille chaise, je tourne mes pouces l’un autour de l’autre. Elle me regarde longtemps. 999 999 + 1. Je suis son arrière-grand-mère. Elle attend, volontiers. Puis s’échappe. Devant nous les arums qu’on nomme pieds de veaux. Et tout le long du mur qui nous sépare d’avec les voisins, une ligne de... [Lire la suite]
23 mars 2017

" Un été à quatre mains "Gaëlle Josse

« Schubert parle au coeur, en accompagnant les plus ténus, les plus impalpables de nos états émotionnels intérieurs, sa musique nous atteint avec une désarmante simplicité, comme la main d'un ami posée sur notre épaule. Si peu de choses, bien souvent pour y parvenir. Si peu de notes, parfois, pour nous réjouir ou nous consoler [...] C'est en frère, en ami qui a éprouvé toutes les larmes, que Franz nous parle et nous apaise. » Parfois il suffit de pas grand-chose pour entendre une musique jouer avec des mots, des accords et des... [Lire la suite]

20 février 2017

" Chère brigande " Michèle Lesbre

Chère Michèle Lesbre, Chère Marion Du Faouët  Je ne sais comment commencer cette lettre, je ne sais comment vous adresser mon admiration face à votre écriture, à cette façon que vous avez de nous emmener dans vos mots, cette mélancolie que vous savez si bien écrire, ces hivers que vous nous faites traverser et qui sont des vrais silences dans lesquels j’aime me retrouver. Votre écriture a le don de m’amener à traverser des chemins logeant La Loire (Chemins), à m’asseoir sur des plages aux sables imparfaits (Sur... [Lire la suite]
14 février 2017

"Les vérités provisoires " Arnaud Dudek

  « Une étude récente a montré que les êtres humains mentent en moyenne six fois par jours. Disons que, dans ce domaine, Jules n’est pas du tout dans la moyenne. Il aurait tendance, plutôt à crever le plafond. »  D’Arnaud Dudek, j’ai lu quasi tous ces romans je crois, y compris un texte paru dans le blog et depuis publié dans un recueil de nouvelles. J’aime son écriture, ce personnage, cet être un peu rêveur, un brin bon génie Aladin qui sortirait d’une lampe magique, un brin philosophe de la vie. J’aime... [Lire la suite]
12 février 2017

" Littoral " Bertrand Belin

  « Avant l’installation de l’armée d’un pays, la presqu’île était recouverte de genêts et d’ajoncs, et fourmillait de lièvres et de faisans. Les sternes nichaient par colonies immenses et les vanneaux l’hiver, les courlis, avec quelques hérons, envahissaient les vasières. Depuis que l’armée d’un pays s’est installée, les grives ont simplement stoppé leurs chants. L’accès aux quatre ponts est aujourd’hui restreint et il y a désormais  un membre de l’armée d’un pays pour chaque port. »  La tempête souffle... [Lire la suite]
Posté par Sabeli à 10:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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05 février 2017

" Tropique de la violence " Nathacha Appanah

  De nouveau je me retrouve à vous parler d’un livre d’une beauté et puissance incroyable. De nouveau je ne sais comment vous dire, vous inviter à le lire. Peut-être parce que mes mots ne seront jamais à l’égal de ce que j’ai pu ressentir durant cette lecture. Peut-être parce que la beauté, la justesse, la saisissante poésie d’une violence sous les tropiques me semblaient loin et m’ont percutée de plein fouet. Peut-être parce que l’homme est admirable, sans jugement, que tous ces enfants sont dans l’enfer d’un paradis qui... [Lire la suite]