10 octobre 2017

Matteo Righetto "Ouvre les yeux"

  « Les montagnes sont toujours généreuses. Parce qu’elles offrent des aubes et des couchers de soleil uniques, des moments enchanteurs, des silences éternels et des bruits qui appartiennent à d’autres mondes que le nôtre ; mais également des moments de peur et de danger, de fragilité et de désespoir. » Comment parler d’un livre qui n’est que silence, lumière, beauté absolue. Comment en parler lorsque l’on sait que ce qui sera écrit ne sera pas à la hauteur du roman. Mais bon sang quel sublime et magnifique... [Lire la suite]

03 octobre 2017

Sigolène Vinson - " Les Jouisseurs"

  « Jusqu’ici,  je n’ai rien écrit »…   L’écrivain avait renvoyé son travail à plus tard, celui qui avait consisté justement à écrire une histoire, à développer une fiction et s’y arc-bouter vaille que vaille. Mais l’écrivain n’y arrivait pas. Il n’écrivait rien. Le désert total, les chimères des volutes et autres herbes folles. Rien. Enfin rien qui ne mérite d’être lu. Rien qui ne donne la dimension d’un livre, d’une écriture, de ce quelque chose qui englobe les sons, les mots et les émotions. En fait nul... [Lire la suite]
22 septembre 2017

Sonia David "David Bowie n'est pas mort"

  Encore une fois j’aurai pu passer à côté de ce roman si ce n’est que l’auteur me tendait un diable de miroir, une histoire qui me renvoyait dans mes cordes, dans mes retranchements, dans une psychologie de bazar. J’aurai pu l’éviter, tout faire pour ne pas le lire, pour ne pas me prendre en pleine figure cette histoire qui pourrait être la mienne, la notre, une histoire qui nous raconte, nous laisse un goût de réconciliation avec les nôtres, ceux de notre sang, ceux qui nous connaissent peut-être le mieux et qui pourtant ne... [Lire la suite]
16 septembre 2017

Sophie Lemp " Leur séparation"

  « Sur la première ligne du cahier bleu dans lequel j’ai pris des notes tout au long de l’écriture de ce texte, j’ai inscrit Pourquoi écrire sur le divorce de mes parents ? Puis juste en dessous, Rien ne sera jamais réparé. L’essentiel s’est joué en dehors de moi, même si, enfant tant désirée, tant aimée, j’ai toujours eu l’impression d’être au centre. Quelque chose m’a échappé. Mais je suis le fruit de leur rencontre et celui de leur séparation, je suis le fruit de cette histoire, la leur. Aujourd’hui, au bas de la... [Lire la suite]
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25 août 2017

Marie Hélène Lafon "Gordana"

  « Elle s’appelle Gordana. Elle est blonde. Blonde âcre, les cheveux rêches. Entre les racines noires des cheveux teints, la peau est blanche, pâle, elle luit, et le regard se détourne du crâne de Gordana, comme s’il avait surpris et arraché d’elle, à son insu, une part très intime. Sa bouche est fermée sur ses dents. Elle s’obstine, le buste court et têtu, très légèrement incliné, sa tête menue dans l’axe. On devine les dents puissantes, massives, embusquées derrière les lèvres minces et roses. Le sourire de Gordana... [Lire la suite]
06 août 2017

Jacques Josse "Chapelle ardente"

  Il y a des bouquins qui sont comme ça, vous saisissent d’un seul coup et vous laissent sur le flan, dans l’urgence de vouloir crier que ce bouquin « c’est un p*** de bon bouquin », que toute la vie, l’homme, sont incrustés dans ses 32 pages. Pas besoin d’en dire plus. Chapelle ardente de Jacques Josse en fait parti. Il dégage tout ce qui fait un lieu, une émotion, une sensation. Il dégage les odeurs, les regards, les tensions et l’amour. Il est humain. Profondément. Humain à s’en crever les yeux, ranger... [Lire la suite]

31 juillet 2017

" Les Filaos de Cau Thi Vai " Janine Dalmaz-Toroni

  « Je suis née au Nam BôMais qu’est ce que tu nous racontes ?Tu es née en Cochinchine. Tu le sais bien !Non !Nam ! Bô ! Nam ! Bô ! Comme les coups de gong dans la vieille pagode vermoulue de Long Hai, perdue dans les anacardiers, non loin des paillottes des pêcheurs et des poissons qui sèchent au soleil de midi. Le vent du large rabat l’odeur de noc mam loin dans les terres sableuses. Nam Bô, Nam Bô… chuchotaient les filaos de Cau Thi Vai à la saison des pluies. »  Tout... [Lire la suite]
27 juillet 2017

" Le journal d'un manoeuvre " Thierry Metz

  « Une pelle, une pioche. Le manœuvre doit chercher avec ça, faire le tour, se perdre...Un débutant : voilà ce qu’il est. Sa mémoire n’est qu’un filet d’eau, une source qui ignore le fleuve.Ses mouvements sont simples : ceux d’un oiseau. Il monte, il descend, il ramasse des brindilles, de la paille, des écorces. Le tout-venant.Pour cerner le domaine qui s’étend autour de son nom, il lui faut tracer un cercle avec ce qu’on lui donne : de la terre, des décombres, des pierres, des ordres, des morceaux de... [Lire la suite]
17 juillet 2017

" La demie de six heures " Marie Hélène Lafon

  Ecrire sur une auteure, une romancière que l’on apprécie pour ses mots, son écriture est quelque chose que je ne sais faire simplement. Je meurs d’envie de dire, narrer, laisser place à mes émotions et mes envies d’emphases, de beautés et celles plus intimes qui sont emplies de silences et d’admiration. C’est l’effet que me procure Marie Hélène Lafon. Le sublime et le silence. La beauté et l’admiration. Marie Hélène Lafon, c’est une écriture qui prend au corps, prend corps, se ponce, se travaille, se bâtit dans le silence... [Lire la suite]
09 juillet 2017

Dimanche en poésie : Perrine Rouillon "Moi et les autres petites personnes..."

  « Moi et les autres petites personnes on voudrait bien savoir pourquoi on n’est pas dans le livre en plus c’est la première fois que je mets les bras comme ça »   Cette petite personne elle est terrible. Terrible. Une forme d’alter-égo. Un autre soi. Et depuis un bout de temps, je tournais autour. Autour d’elle, autour de moi. Je sentais bien son pouvoir égoïste, sa façon mesquine de se rappeler à ma petite personne (c'est-à-dire moi en fait), de me tirer par la manche et de me dire qu’elle existait, était... [Lire la suite]