06 août 2017

Jacques Josse "Chapelle ardente"

  Il y a des bouquins qui sont comme ça, vous saisissent d’un seul coup et vous laissent sur le flan, dans l’urgence de vouloir crier que ce bouquin « c’est un p*** de bon bouquin », que toute la vie, l’homme, sont incrustés dans ses 32 pages. Pas besoin d’en dire plus. Chapelle ardente de Jacques Josse en fait parti. Il dégage tout ce qui fait un lieu, une émotion, une sensation. Il dégage les odeurs, les regards, les tensions et l’amour. Il est humain. Profondément. Humain à s’en crever les yeux, ranger... [Lire la suite]

15 mai 2017

" le châle de Marie Curie " Déborah Lévy-Bertherat

« Kahina poursuit le récit de sa vie en France, elle raconte qu'ils ont eu un logement, que les enfants ont grandi, pourtant toujours la Kabylie lui manquait. Tu connais la Kabylie ? Elle évoque la beauté des montagnes, de son hameau perché, elle incline la main pour montrer la pente, depuis sa maison on voit tout le pays, et l'hiver il y a de la neige. Elle ajoute que son village s'appelle Tilist, qu'il est réputé pour les tissages, les femmes fabriquent des tapis magnifiques, des châles.   Elsa regarde Kahina ramener... [Lire la suite]
17 avril 2017

Lettre à Delphine Bertholon - "Coeur Naufrage"

  Chère Delphine Bertholon,    Cela fait bientôt plus de deux semaines que j’ai quitté votre (ton) roman. Deux semaines que je cherche des mots que je ne trouve pas. Deux semaines que je cherche à décrire la force, la sensibilité qu’il y a dans votre/ton écriture, dans ce Cœur-Naufrage. J’ai lu des blogs, de multiples articles de presse qui racontent merveilleusement bien l’histoire et ce qui en découle. Que pourrais-je dire de plus, d’autres ? Je n’en sais rien. Je ne suis que lectrice, pas une critique,... [Lire la suite]
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10 avril 2017

" Inquiétude " Michèle Lesbre

" Maintenant encore il est ce petit fantôme orphelin qui a peur de la nuit, qui ne sera jamais tranquille, un vieil enfant inquiet." Un homme adulte-enfant ou enfant-adulte, un homme qui n'a jamais pu devenir homme, grandir, devenir lui. Une femme, Barbara, qui ne s'appelle pas Barbara mais qui lui ressemble tant. Un aigle noir, une travailleuse de la nuit. Un père absent, parti loin, très loin. Une mère qui s'est perdue dans les couloirs d'un hôtel. Et ces pas au plafond qui lui rappellent qu'il est seul, homme, enfant, homme. Ces... [Lire la suite]
23 mars 2017

" Un été à quatre mains "Gaëlle Josse

« Schubert parle au coeur, en accompagnant les plus ténus, les plus impalpables de nos états émotionnels intérieurs, sa musique nous atteint avec une désarmante simplicité, comme la main d'un ami posée sur notre épaule. Si peu de choses, bien souvent pour y parvenir. Si peu de notes, parfois, pour nous réjouir ou nous consoler [...] C'est en frère, en ami qui a éprouvé toutes les larmes, que Franz nous parle et nous apaise. » Parfois il suffit de pas grand-chose pour entendre une musique jouer avec des mots, des accords et des... [Lire la suite]
20 février 2017

" Chère brigande " Michèle Lesbre

Chère Michèle Lesbre, Chère Marion Du Faouët  Je ne sais comment commencer cette lettre, je ne sais comment vous adresser mon admiration face à votre écriture, à cette façon que vous avez de nous emmener dans vos mots, cette mélancolie que vous savez si bien écrire, ces hivers que vous nous faites traverser et qui sont des vrais silences dans lesquels j’aime me retrouver. Votre écriture a le don de m’amener à traverser des chemins logeant La Loire (Chemins), à m’asseoir sur des plages aux sables imparfaits (Sur... [Lire la suite]

22 janvier 2017

"Il n'est plus d'étrangers" Catherine Leblanc

  Il n’est plus d’étranger que son propre soi. Il n’est plus éloigné que sa propre identité, ce portrait que l’on ose regarder, tirer la photo, composer. Pourtant c’est grâce à ce kaléidoscope d’images que l’on grandit. C’est grâce à nos visages, nos silences, nos croquis dessinés au lavis ou à l’orange sanguine que l’on comprend nos sentiments profonds, cette émotion que rien ne nous est étrangé. Par le reflet d’une ombre, d’un passant, d’un bruit furtif, on porte nos vies le long des chemins, des pavés, des rues et des... [Lire la suite]
07 janvier 2017

"Marx et la poupée" Maryam Madjidi

  « Il était une fois Un père, une mère et une filleLe père avait la forme d’une ombre se faufilant sur les mursLa mère, le visage caché, portait une longue robe balayant la terreLa fille, silhouette légère, avait les pieds suspendus dans l’airEt tous les trois gardaient un secret dans le creux de la maisSur leur paume, un mot était gravé : EXIL   La fille n’avait plus de jouetOn raconte qu’elle les avait échangés contre les lettres de l’alphabetLa mère n’avait plus de sourireOn raconte qu’elle l’avait... [Lire la suite]
03 octobre 2016

"Repose-toi sur moi" Serge Joncour

    « Parfois à des petits carrefours inattendus de la vie, on découvre que depuis un bon bout de temps déjà on avance sur un fil, depuis des années on est parti sur sa lancée, sans l’assurance qu’il y ait vraiment quelque chose de solide en dessous, ni quelqu’un, pas uniquement du vide, et alors on réalise qu’on en fait plus pour les autres qu’ils n’en font pour nous, que ce sont eux qui attendent tout de nous, dans ce domaine les enfants sont voraces, avides, toujours en demande et sans la moindre reconnaissance,... [Lire la suite]
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25 septembre 2016

" De vives voix " Gaëlle Josse

    « Pourquoi écrire ? Pour éveiller, pour découvrir ma voix. Entreprise d’extraction, d’excavation, de forage, par tous les temps, par tous les vents, jusqu’à atteindre et libérer le gisement enclos dans les gangues du souvenir, de la pensée, de la sensation, le remonter à la surface et lui donner forme. Jusqu’à reproduire la note entendue en songe. Trouver l’accord entre mon écriture et moi, entre ma voix et moi. Me voilà sage-femme et parturiente de ma propre voix. Partition, parturition. La page blanche,... [Lire la suite]