26 mars 2016

"Mention fragile" Silvia Härri

  La poésie de Silvia est un univers à elle toute seule. Peu de mots. Une prose. Un monde d’effritement qui se délite dans un quotidien somme toute banal. Une menace qui trotte au dessus de nos yeux comme un cœur qui bat à la chamade devant les peurs de la vie, les douleurs passées ou présentes et qui se réveillent.Chez elle, tout est observation, regard, concentration dans ce qui entoure, vibre. Elle absorbe et retranscrit l’émotion ressentie, la fragile construction d’un simple moment d’existence. On ressent la justesse,... [Lire la suite]

29 juillet 2015

"Nouaison" Silvia Härri

« Mardi 11h30. Ainsi est-il écrit dans l’agenda du médecin.Tu ne discuteras pas.Le lit roule dans le couloir, puis basculement de ce corps alourdi (le tien ?) du matelas au brancard. Du brancard ensuite à cette trappe horizontale qu’il faudra traverser (avec, au bout, quel espoir ?), avant que  les néons ne te trouent le regard.Etendue, à nouveau, sur une table, des spots pleins ces yeux qui clignent avec force, maintenant, sous tant de lumière, lumière si crue qu’elle pourrait blesser, griffer la chair ou... [Lire la suite]
25 juillet 2015

Saturday read fever : "Nouaison" Silvia Härri

« Mardi, 11h30La pluie ruisselle contre la vitre.Revêtir la blouse bleue qui se lace par derrière. Sa peau nue, isolée sous le coton, a froid. Elle tremble.Avant, se purifier. Laisser couler l’eau comme on peut, là où l’on peut, malgré ce ventre qui encombre et laisse penser qu’elle va rester coincée dans la cage de la douche.Ne rien oublier, pas le moindre centimètre, astiquer dans tous les plis et les replis jusqu’à ces zones lointaines, étrangères maintenant, que la main n’atteint plus. Un corps (le sien ?) passé au savon... [Lire la suite]
06 décembre 2014

" Frida " Mélanie CHAPPUIS

« Je t’aime trop.Et celui qui a dit qu’on n’aime jamais trop n’a jamais trop aimé. Sinon il saurait que ça fait mal, peur, que ça submerge, enveloppe, ronge, étouffe. Que ça empêche de faire le reste alors que, pourtant, il faut faire le reste pour que l’amour se régénère. Maintenant qu’elle n’est plus là avec sa souffrance. Maintenant qu’elle n’est vraiment plus là, et qu’il n’y a plus que nous deux, on va faire comment pour s’aimer comme des fous traqués ? Que va-t-on espérer lorsqu’on sera les deux dans le lit,... [Lire la suite]
13 octobre 2014

" Des baisers froids comme la lune" Mélanie CHAPPUIS

« Ce soir il prend Mona dans ses bras. Elle rit parce que Vincent lui recouvre le visage de sa grande main. J’aime voir ma fille rire dans ses bras. Je lui dis « on est bien dans les bras de Vincent, n’est ce pas mon amour ? » Vincent me sourit. Il ne m’a jamais prise dans ses bras. Il a compris que j’aimerais bien. »« Je veux avoir le pouvoir de l’abimer un peu. Juste un peu. Pour qu’elle voie ce que ça fait de ne pas tout avoir. Etre celui qui la fait souffrir. C’est mieux que d’être celui qui la... [Lire la suite]