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« Come on everybody clap your hands….. Yeah... Come on,  let’s twist again… »

 

Et voilà c’est reparti pour un tour de bolide signé Zidrou et Lafebre, un tour de saveurs estivales, de « Les Beaux Etés » au volant de celle que nomme Mam’zelle Estérel. Un amour de 4L rouge comme il en existe peu, un amour de vacances, de souvenirs qui sentent bon les barbecues, les frites, les plages bondées, les coffres de voiture dans lesquelles on montait, des sièges arrières où l’on n’était pas attaché ou seulement collé aux frères et sœurs qui dégoulinaient de sueurs car pas climatisée (la voiture, pas les frangines). C’est reparti les chansons chantées à tue-tête, les « c’est à quelle heure qu’on arrive » ou  « c’est encore loin », sans oublier les « j’ai envie de faire pipiiiiiiiiii » 

Ah comme il nous manque ces jours où les souvenirs reviennent par caravane entière (la charrette étant au bœuf ce qu’est la caravane à la CX ou la toile de tente à la Citroën Mehari). Ces jours où nos parents décident de sortir la collection de diapos et de nous radoter leurs anecdotes préférées (la même qui nous barbait quand nous étions minots. La même qui, maintenant, nous fait sourire, rire, planter la larmichette à l’œil).

Ah comme il est bon de se rappeler de ces beaux étés.

Ces beaux étés où au volant de la fameuse 4L rouge Esterel, la famille Faldérault partaient vers le sud de la France, la Méditerranée, carte routière largement déployée. Cap au Sud. Cap vers les Calanques. Se souvenir des blagues foireuses, des pique-niques au goût de moustiques et autres crapauds, des vagues qui léchaient le cabanon sur la plage, les fesses à l'air, la crème solaire qui n’était pas obligatoire. Comme il est bon de se rappeler de ses caprices entre frangines se chamaillant l’attention de parents qui en profitaient pour se retrouver. Loin de tout, loin de ce pays plat, ce pays flamand, ce pays où la pluie grise le ciel et ajourne les journées. Loin d’Annie Cordy, des bourgeois de Jacques Brel, loin des emmerdes et des baraques à frites. 

Oui mais chez les Faldérault, les vacances ne riment pas avec farniente. Surtout en cette année 1962, où Belle-Maman et Beau-Papa sont de la première surprise party. Pierre qui rêvait, avec sa tendre moitié et leurs deux fillettes en bas-âge, de fouler des pieds la Grande Bleue, n’ira pas plus loin que cette belle et bonne vieille ville touristique de Saint Etienne, la bourgade des catalogues de la manufacture. Il faut dire qu’avec une femme à peine sortie de couches, d’un grand père tachycarde, l’aventure au gré des départementales vagabondes, c’est bon pour les bandes dessinées. Et heureusement que la parfaite Grand-Mère Mamyvette est là pour rappeler la rigueur et l’organisation de vacances bien planifiées, maîtrisées. Il faut dire que Mamyvette, c'est le guide Michelin à elle toute seule. D’ailleurs elle ne sort jamais sans. C’est pour vous dire que c’est quelqu’un Mamyvette. Et que « ce qu’Yvette veut… Dieu le veut ! ». Alors cette année cela sera St-Etienne et ses églises. Au diable le camping et la toile de tente, direction l’hôtel et par n’importe lequel « Hôtel du fier Brusseleir » et ses chambres à thématique belge parce qu’il ne faut pas changer toutes les habitudes non plus, même si pour une fois les frites… ne se mangeront pas à la pelle. 

 

Punaise j’ose…. qu’est ce que je l’aime cette série. Qu’est ce que j’aime ces « Beaux étés » de Zidrou et Lafebre.  

Au même titre que « Les Vieux Fourneaux » de Lupano et Cauuet, c’est à chaque fois une bulle d’air frais, des sourires immenses, voire en 3D, qui se posent sur mon visage, des envies de rejoindre la départementale au volant de la vieille 4L de mon grand père, celle qui avait les sièges défoncées, et de me payer une bonne tranche de franche rigolade en regardant les vaches meugler et les couchers du soleil se cacher sur la mer en chantant du Joe Dassin et son été indien « On ira où tu voudras quand tu voudras… »
Bon sang oui,  c’est de l’amour en madeleines de Proust croustillantes et craquantes à souhait. Attention pas celles périmées ! Non au contraire, celles qui sentent bon l’été, les parents libérés, les bougons qui se découvrent rigolos, les parties de brouettes ou de courses en sac, les parties de balançoires, les préfectures et plaques d’immatriculation récitées. Que c’est bon de lire ces souvenirs, les voitures qui avaient de la gueule, les petites tenues affriolantes, les premiers pas dans la boue ou sur les chemins poussiéreux, les papiers peints périmés. Que c’est délicieux de se souvenirs que les GPS n’existaient pas, que la carte routière était déployée sur le capot bouillant, que la radio crachait de vieux tubes « d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre ». 

Que c’est bon et encore bon. Toujours autant. Inconditionnellement fan de cette famille déjantée qui nous ressemble drôlement. Un graphisme toujours aussi bon, drôle, tendre, doux, savoureux, nostalgique. Un scénario toujours aussi percutant, joyeux et à la pointe de la vérité familiale et de la franche rigolade.
Et je ne vois pas pourquoi je m’en priverai de ces « Les beaux étés », ceux qui font que lorsqu’on termine la lecture, une petite boule se forme dans l’estomac, des papillons glissent, la larmichette vient se glisser au coin des « zyeux » et la banane reste un bout de temps plantée sur les lèvres.  

J’adore.
Fan.
A tout jamais. 

« Gros Papy ! Tes souvenirs ! Je les entends ! Ils font « glargrrogllougllou » ! »

Alors je dis vivement le tome 4 qui, après les années 70 et 60, nous replongera dans les années 80. La question est … « est ce que tu vien[dras] pour les vacances » parce qu’il faut le dire la famille Faldérault « C’est un beau roman, c’est une belle histoire », « un roman d’amitié qui commence » (punaise voilà on ne m’arrête plus, je suis foutue….) (faites la taire, mais faites la taire !!)

 

Pour les souvenirs le tome 1 « Cap au sud » le tome 2 « La Calanque » et retrouver la BD de la semaine chez Noukette qui avec Mo ontdécidé de parler de Mam'zelle Esterel

 

Les Beaux Etés
tome 3, Mam’zelle Estérel
Zidrou et Jordi Lafebre
Dargaud

 

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