05 février 2017

" Tropique de la violence " Nathacha Appanah

  De nouveau je me retrouve à vous parler d’un livre d’une beauté et puissance incroyable. De nouveau je ne sais comment vous dire, vous inviter à le lire. Peut-être parce que mes mots ne seront jamais à l’égal de ce que j’ai pu ressentir durant cette lecture. Peut-être parce que la beauté, la justesse, la saisissante poésie d’une violence sous les tropiques me semblaient loin et m’ont percutée de plein fouet. Peut-être parce que l’homme est admirable, sans jugement, que tous ces enfants sont dans l’enfer d’un paradis qui... [Lire la suite]

03 février 2017

" Mon étrange soeur " Marie Le Gall

« Nous nous sommes toutes de suite reconnues et il était écrit que j’allais obéir à tes ordres muets. Entrainée dans ta folie, je ne connaîtrai de la vie que ce tu m’en diras, frontière entre le monde et moi. »    Que dire de cette étrange Sœur ? Que dire quand le mot amour fait place au mot folie, quand il est impossible de pouvoir aimer sans bouleverser des vies ? Comment être une sœur quand l’autre, l’ainée, l’aimée, est une innocente, une écervelée, une femme-enfant aimant la vie plus que tout ce... [Lire la suite]
31 janvier 2017

"Prends le temps de penser à moi" Gabrielle Maris Victorin

  « Nous portons nos morts. Nous les emportons. Ce sont des enfants indociles et capricieux, que nous protégeons. Ils s’approchent, ou s’éclipsent sans que nous n’y puissions rien. Ils grimpent sur notre dos et continuent ainsi à traverser le monde. »  Des livres parlant de cette fameuse journée du 07 janvier 2015, de la rue Nicolas Appert,  des endormis de Charly Hebdo et des traumatismes qui ont suivi, je m’en méfie comme d’une plaie, une cicatrice, un mal que tout le monde s’approprie sans en porter... [Lire la suite]
24 janvier 2017

" Anchise " Maryline Desbiolles

  « Il se fout du tiers comme il se fout du quart […], il y a longtemps qu’il ne cherche plus à prouver quoi que ce soit, à passer pour tout ce qu’il est ou ce qu’il n’est pas ni même à être quelqu’un, on pourrait penser qu’il est un peu juste, un peu crétin qu’il ne vole pas très haut et en effet il n’est pas dans les hauteurs, il ne croit pas qu’il y ait quelque chose en haut ni même au-dedans, il croit qu’il faut se tenir au plus près, à fleurs de peau, de tête, d’eau mais à fleur, il n’y a rien à trouver en haut ni... [Lire la suite]
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22 janvier 2017

"Il n'est plus d'étrangers" Catherine Leblanc

  Il n’est plus d’étranger que son propre soi. Il n’est plus éloigné que sa propre identité, ce portrait que l’on ose regarder, tirer la photo, composer. Pourtant c’est grâce à ce kaléidoscope d’images que l’on grandit. C’est grâce à nos visages, nos silences, nos croquis dessinés au lavis ou à l’orange sanguine que l’on comprend nos sentiments profonds, cette émotion que rien ne nous est étrangé. Par le reflet d’une ombre, d’un passant, d’un bruit furtif, on porte nos vies le long des chemins, des pavés, des rues et des... [Lire la suite]
17 janvier 2017

"Les garçons perdus " Arnaud Cathrine et Eric Caravaca

  « Et, ce faisant que je ne connaissais rien de l’amour, je ne connaissais pas le moins du monde à ce qui s’était bâti entre lui et moi.Je ne sais pas si c’était une forme d’amour. Un lien de dépendance très certainement. Et, au final, une forme d’amour. Que je cherche aujourd’hui encore sur le visage de mes amis, en dépit de tout ce qui est advenu par la suite. Je le vois apparaître parfois en filigrane. Je ne m’en suis aperçu que récemment. »   C’est un fait : l’amitié entre hommes est un sujet peu... [Lire la suite]

05 décembre 2016

" Le 27 avril 1986 : de Prypiat à La Seyne sur Mer" adaption radiophonique de Sophie Lemp

  « Lucie  J’avais quinze ans et le monde à mes pieds. Je n’aimais ni moi ni les autres, ce qui me laissait une liberté souveraine. J’allais au lycée en mobylette. Le midi je rentrais chez mes parents, jamais pu supporter la cantine, trop de gens qui mangent. C’était l’année où j’apprenais mon cours d’économie à patins à roulettes sitôt la table débarrassée, tournant à toute allure jusqu’à l’étourdissement autour de l’immense salon-salle à manger familial. Je ne comprenais rien à l’économie. Je n’avais trouvé que... [Lire la suite]
15 octobre 2016

"Elisée avant les ruisseaux et les montagnes" Thomas Giraud

J’ai longtemps cru qu’Elisée ne pouvait être qu’un prénom féminin, que celle qui le portait, ressemblait comme deux gouttes d’eau à ce prénom second que je porte. Elisée comme Elise, sœurs de mots, de marches, de cailloux amassés et gardés soigneusement dans mes poches. Elisée, comme une source d’eau douce, un filet qui coule de la montagne vers la mer, de l’amont vers l’aval, un torrent à la fois impétueux, fort, doux, naissant.  Dans  « Elisée avant les ruisseaux et les montagnes » de Thomas Giraud, Elisée est... [Lire la suite]
03 octobre 2016

"Repose-toi sur moi" Serge Joncour

    « Parfois à des petits carrefours inattendus de la vie, on découvre que depuis un bon bout de temps déjà on avance sur un fil, depuis des années on est parti sur sa lancée, sans l’assurance qu’il y ait vraiment quelque chose de solide en dessous, ni quelqu’un, pas uniquement du vide, et alors on réalise qu’on en fait plus pour les autres qu’ils n’en font pour nous, que ce sont eux qui attendent tout de nous, dans ce domaine les enfants sont voraces, avides, toujours en demande et sans la moindre reconnaissance,... [Lire la suite]
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21 septembre 2016

"Je suis mort un soir d'été " Silvia Härri

    « J’approche la chaise de ton lit, je te murmure que tu as bonne mine, même si ce n’est pas vrai. Tu m’écoutes l’air sérieux, je ne sais toujours pas ce que tu saisis des mots que j’égrène, s’ils ont la mélodie d’une cantilène, la stridence d’une corde brisée, s’ils ont un ordre, s’ils possèdent encore quelques résidus de sens, s’ils bruissent comme un feuillage de printemps ou frappent avec violence aux carreaux de ton esprit, si tu peux sentir à travers eux ma colère ou ma gêne, s’ils se heurtent au vide dans... [Lire la suite]