12 août 2016

" 76 clochards célestes ou presque" Thomas Vinau

  « Jean Claude Pirotte marche toujours dans le brouillard. Jean Claude Pirotte est né dans la brume, à Namur (1939), et les densités grises ont nourri son muscle cardiaque. Jean Claude Pirotte est un poète et, comme tous les poètes, il a eu mille vies. Il connaît le lait des petites aubes traversées comme un chien féral. C’est un fugitif, un avocat, un buveur, un peintre, un érudit, un vagabond. Souvent, j’écoute sa voix. Une pivoine froissée  me sourit. Aujourd’hui il fait gris. Et c’est comme un hommage des... [Lire la suite]

09 août 2016

"86, une année blanche" Lucile Bordes

  « Ca ne pouvait pas être vrai, il n’y avait pas d’images. Toujours la même carte d’un autre temps, aux contours sommaires, les mêmes croquis simplistes, l’unique photo grisâtre. Rien qui nous oblige à regarder en face l’entrée du gouffre.Qui pouvait être assez bête pour croire que le nuage s’était arrêté à la frontière ? Disons que c’était important de croire à quelque chose. On en avait tous envie. Avant au siècle de la peste, la peste noire dont Pagnol donne une description si terrible, on avait la religion. Mais... [Lire la suite]
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18 juillet 2016

"Etre ici est une splendeur" Marie Darrieussecq

« Mackensen dit que la force est la chose la plus importante. Que la force est au début de tout. […] Je suis d’accord, mais je sais aussi qu’elle ne sera pas au centre de mon art. Je sens en moi une trame douce, vibrante, un battement d’ailes tremblant au repos, retenant son souffle. Quand je serai vraiment capable de peindre, je peindrai ça. »  Il y a quelque chose qui va bien au-delà de ce que Marie Darrieussecq nous conte sur Paule M. Becker dans son dernier opus « Etre ici est une splendeur », c’est la... [Lire la suite]
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19 juin 2016

"La solitude du quetzal " Jacky Essirad

  Qu’est ce qui fait que l’on part en voyage à l’autre bout du monde, qu’est ce qui nous pousse à toujours vouloir fuir, penser que la solitude nous donnera l’élan de repartir, retrouver l’énergie, réapprendre à vivre pour nous et loin de tout ? Qu’est ce qui nous fait faire nos bagages, nos sacs à dos, nos valises tout terrain et devenir des apprentis aventuriers touristes d’un monde occidental arpentant un continent inconnu, loin de tous repères et paramètres d’un quotidien ? Pour certains c’est l’appât de... [Lire la suite]
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12 juin 2016

"le petit caillou de la mémoire" Monique Durand

  « La goélette prenait le large, débordante de ballots de papier. Comme autrefois les morues débordaient des vaisseaux à trois mâts à bord desquels Aimé, le père d’Etienne, revenait de ses campagnes de pêche sur le Grand Banc de Terre Neuve. Il rentrait à Saint-Suliac, dans sa Bretagne natale, après des mois sur la mer, le navire plein à fendre de poissons salés et empilés dans les cales. […]Aimé aurait-il pu imaginer ses fils Etienne et Geoffroy devenir hommes de terre plutôt que de mer ? Bûcherons émérites piquant... [Lire la suite]
10 juin 2016

"Spiridon superstar" Philippe Jaenada

  « A la fin du 1er siècle, le philosophe Epictète, que cite son élève Arrien, s’adressait aux aspirants athlètes : « tu dois accepter une discipline, te soumettre à un régime, t’abstenir de friandises, faire de l’exercice sous la contrainte à une heure déterminée, sous la chaleur et dans le froid, ne pas boire frais, ni de vin. De plus, dans le combat, tu devras avaler de la poussière, parfois te démettre le bras, te fouler le pied, recevoir le fouet, et malgré tout, il pourra t’arriver d’être vaincu. Quand tu... [Lire la suite]
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28 mai 2016

"Les étoiles s'éteignent à l'aube" richard Wagamese

  « Quand il fut capable de tirer de façon aussi fiable avec la carabine qu’avec la 22, le vieil homme le laissa commencer à chasser. Ils prenaient les chevaux, traversaient le champ, remontaient pesamment jusqu’à la crête et quand ils étaient arrivés de l’autre côté, ces terres devenaient ce que le vieil homme appelait «  le vrai monde ». Pour le garçon, le vrai monde c’était un espace de liberté calme et ouvert, avant qu’il n’apprenne à l’appeler prévisible et reconnaissable. Pour lui, c’était oublier écoles,... [Lire la suite]
09 mai 2016

" Marguerite n'aime pas ses fesses" Erwan Larher

  « Marguerite n’aime pas ses fesses » ! Tiens donc… Pauvre Margot comme aurait souligné, de son ton caustique et narquois, Brassens en dégrafant son corsage. Soit ! C’est vrai qu’elles sont plates, que son cul n’est pas rebondi (ou du moins pas suffisamment aux yeux de ses copines et des siens), relevé, attirant, qu’elle n’a rien pour le mettre en valeur, pas de string ou de petite culotte en dentelle... (Marguerite, c’est le coton qu’elle aime, la tendresse, le confort, la relation durable et sincère.) Bref... [Lire la suite]
06 mai 2016

"L'art de revenir à la vie" Martin Page

« Il me semble que j’ai passé ma vie à faire quelque chose de mes échecs. A ne pas me laisser faire. A tel point que lorsque viennent de bonnes nouvelles, je ne sais pas comment réagir, je n’ai pas de mode d’emploi pour habiter le bonheur imprévu. Je reste sceptique et interdit. Mon ambition c’est ça : apprendre à vivre la félicité qui ne trouve pas son origine dans le malheur, qui dépend non pas de moi mais de ce que l’on me donne. Je dis apprendre à recevoir. Même si accepter de recevoir c’est se mettre en situation de... [Lire la suite]
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02 mai 2016

" Les gens heureux n'ont pas d'histoire " Eloïse Lièvre

« J’ai toujours aimé le dispositif de la mise en abyme. J’ai toujours eu une très consciente coquetterie à orthographier correctement y, plutôt que i, qui déploie sa propre beauté, pour bien marquer la différence entre le procédé artistique d’incrustation en écho et la concrète profondeur souterraine. Pourtant, la naissance de ce goût particulier de la mise en abyme a pu je crois coïncider avec des époques où j’avais moi-même la sensation impuissante de m’abîmer. La coquille bivalve de la forme chapeautée de ce mot ainsi s’ouvre... [Lire la suite]