10 juin 2016

"Spiridon superstar" Philippe Jaenada

  « A la fin du 1er siècle, le philosophe Epictète, que cite son élève Arrien, s’adressait aux aspirants athlètes : « tu dois accepter une discipline, te soumettre à un régime, t’abstenir de friandises, faire de l’exercice sous la contrainte à une heure déterminée, sous la chaleur et dans le froid, ne pas boire frais, ni de vin. De plus, dans le combat, tu devras avaler de la poussière, parfois te démettre le bras, te fouler le pied, recevoir le fouet, et malgré tout, il pourra t’arriver d’être vaincu. Quand tu... [Lire la suite]
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28 mai 2016

"Les étoiles s'éteignent à l'aube" richard Wagamese

  « Quand il fut capable de tirer de façon aussi fiable avec la carabine qu’avec la 22, le vieil homme le laissa commencer à chasser. Ils prenaient les chevaux, traversaient le champ, remontaient pesamment jusqu’à la crête et quand ils étaient arrivés de l’autre côté, ces terres devenaient ce que le vieil homme appelait «  le vrai monde ». Pour le garçon, le vrai monde c’était un espace de liberté calme et ouvert, avant qu’il n’apprenne à l’appeler prévisible et reconnaissable. Pour lui, c’était oublier écoles,... [Lire la suite]
09 mai 2016

" Marguerite n'aime pas ses fesses" Erwan Larher

  « Marguerite n’aime pas ses fesses » ! Tiens donc… Pauvre Margot comme aurait souligné, de son ton caustique et narquois, Brassens en dégrafant son corsage. Soit ! C’est vrai qu’elles sont plates, que son cul n’est pas rebondi (ou du moins pas suffisamment aux yeux de ses copines et des siens), relevé, attirant, qu’elle n’a rien pour le mettre en valeur, pas de string ou de petite culotte en dentelle... (Marguerite, c’est le coton qu’elle aime, la tendresse, le confort, la relation durable et sincère.) Bref... [Lire la suite]
02 mai 2016

" Les gens heureux n'ont pas d'histoire " Eloïse Lièvre

« J’ai toujours aimé le dispositif de la mise en abyme. J’ai toujours eu une très consciente coquetterie à orthographier correctement y, plutôt que i, qui déploie sa propre beauté, pour bien marquer la différence entre le procédé artistique d’incrustation en écho et la concrète profondeur souterraine. Pourtant, la naissance de ce goût particulier de la mise en abyme a pu je crois coïncider avec des époques où j’avais moi-même la sensation impuissante de m’abîmer. La coquille bivalve de la forme chapeautée de ce mot ainsi s’ouvre... [Lire la suite]
19 avril 2016

"Comme neige" Colombe Boncenne

  « Paris, le vendredi 16 mai 2012,  Cher Monsieur,  Admirateur de votre œuvre depuis plus de dix ans, je suis chacune de vos publications avec grand intérêt. Il y a un mois, il m’est arrivé une chose bien étrange : j’ai acheté dans une librairie bourguignonne un roman signé de votre nom, intitulé Neige Noire, publié en 2000 aux éditions du Miroir. Je ne connaissais pas ce roman et il m’est apparu que je n’étais pas le seul puisque, indépendamment de l’exemplaire que j’ai lu (et malheureusement égaré... [Lire la suite]
29 mars 2016

" Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants " Mathias Enard

  « Je ne cherche pas l’amour. Je cherche la consolation. Le réconfort pour tous ces pays que nous perdons depuis le ventre de nos mères et que nous remplaçons par des histoires, comme des enfants avides, les yeux grands ouverts face au conteur »   Je me pose une question : certains livres nécessitent-ils une énième chronique lorsque tout a été dit sur eux, sur lui ? Comment en parler lorsque la beauté des mots, l’envoutement que procure la lecture, effacent tous les phrases que l’on pourrait écrire... [Lire la suite]

26 mars 2016

"Mention fragile" Silvia Härri

  La poésie de Silvia est un univers à elle toute seule. Peu de mots. Une prose. Un monde d’effritement qui se délite dans un quotidien somme toute banal. Une menace qui trotte au dessus de nos yeux comme un cœur qui bat à la chamade devant les peurs de la vie, les douleurs passées ou présentes et qui se réveillent.Chez elle, tout est observation, regard, concentration dans ce qui entoure, vibre. Elle absorbe et retranscrit l’émotion ressentie, la fragile construction d’un simple moment d’existence. On ressent la justesse,... [Lire la suite]
21 mars 2016

"Le grand marin" Catherine Poulain

  « Embarquer c’est comme épouser le bateau le temps que tu vas bosser pour lui. T’as plus de vie, t’as plus rien à toi. Tu dois obéissance au skipper. Même si c’est un con – il soupire. Je ne sais pourquoi j’y suis venu, il dit encore en hochant la tête, je ne sais pas ce qui fait que l’on veuille tant souffrir, pour rien au fond. Manquer de tout, de sommeil, de chaleur, d’amour aussi, il ajout à mi-voix, jusqu’à n’en plus pouvoir, jusqu’à haïr le métier,  et que malgré tout on en redemande, parce que le reste du... [Lire la suite]
10 mars 2016

"Matin brun" Franck Pavloff

« C’est vrai que la surpopulation des chats devenait insupportable, et que d’après ce que les scientifiques de l’Etat national disaient, il valait mieux garder les bruns. Que des bruns. Tous les tests de sélection prouvaient qu’ils s’adaptaient mieux à notre vie citadine, qu’ils avaient des portées peu nombreuses et qu’ils mangeaient beaucoup moins. Ma foi, un chat c’est un chat, et comme il fallait bien résoudre le problème d’une façon ou d’une autre, va pour le décret qui instaurait la suppression des chats qui n’était pas... [Lire la suite]
07 mars 2016

"Des lions comme des danseuses " Arno Bertina

« Les arts premiers étant les mieux à même de nous remettre sur le chemin d’un rapport à notre environnement, et donc à nos semblables comme aux animaux et aux esprits, une idée commença à circuler : notre survie dépendait de ce musée ; et de sa gratuité. […] Il ne s’agissait pas de prendre l’Europe au piège de sa propre histoire mais d’inventer de nouveaux rapports. »   Vous êtes vous déjà demandé ce que cela vous ferez de savoir si « Le bain turc » de Ingres était exposé dans le cadre d’une... [Lire la suite]